SAD AND INSANE : « Fearless »

SAD AND INSANE : « Fearless »

Genre : Rock’n’Roll Psychotrope

Par Romain RICHEZ

Surfant quelque part entre les grandes années d’un Nine Inch Nails ou d’un Ministry revisité, SAD AND INSANE évolue dans un univers où le Rock Industriel se fait maître et où la proéminence des émotions irrigue un instrumental résolument bien taillé qui ferait passer n’importe quelle création de tonton Reznor pour presque désuète. Quoi qu’il en soit, c’est donc 2017 que SAD AND INSANE a choisi pour déballer une nouvelle salve de onze titres à ajouter au reste de sa discographie. Alors comme dirait l’autre : branche tes écoutilles ça va te déstructurer les tympans à coup de boulons ! Ben ouais c’est de l’industriel, fallait bien une transition avec une blague à deux balles là-dessus… Aparté « humoristique » à part, laissons vis, écrous et punaises là où ils sont et entrons dans le vif de cette nouvelle production Sad And Insanienne !

Projet solo de Cedric Gelin, SAD AND INSANE évolue dans une atmosphère rock industriellement fuck’n’roll et dangereusement psychédélique depuis, désormais, plus de dix ans. Ayant la grande particularité d’être un one-man-band (en sa partie studio), SAD AND INSANE explore des sonorités personnelles et plus particulièrement un son industriel certainement pas comme les autres du genre. Quoi qu’il en soit, après le double album The Next Chapter en 2016, SAD AND INSANE revient donc un an plus tard pour présenter son troisième album, Fearless. Pour faire simple dans un premier temps, Fearless est un ensemble de onze titres par lequel SAD AND INSANE dépeint la torture d’un homme prisonnier de ses émotions et arborant, comme geôliers, ses propres souffrances (« Lonely (My Own Prison) », « Losing Myself »). Pour faire plus complet, Fearless dépeint non seulement les peurs mais aussi ce que tant l’homme que l’Homme ont de plus personnel et profond. Outre sa teneur interrogative et fortement introspective, Fearless évolue dans un rock pur et direct qui ne lésine ni sur la distorsion ni sur la puissance. Côté instrumental et industriel, l’utilisation des samples et des effets confère à Fearless toute sa profondeur et sa complexité. Complexité certes mais complexité fluide et lisse puisque l’écoute de Fearless se dévoile homogène, son déroulement logique et surtout son tout agréable (« Death By Glamour », « Nothing Is Real »). Pour le reste, les mélodies et airs aux notes viles et frivoles se voient mises en avant, soutenues par des riffs lourds amenés par l’usage de diverses pédales et cymbales (« Monsters »). Le chant, quant à lui, oscille entre passages entêtants et passages envoutants durant lesquels Cedric Gelin nous fait ressentir toute la profondeur et la diversité de sa palette vocale. Bien plus qu’être le troisième accomplissement d’un groupe (ou d’un homme) qui s’imposera rapidement comme un incontournable de l’Hexagone, Fearless propose donc un panorama de ce qu’illustre au mieux la dénomination de « Rock Industriel » tout en apportant une touche personnelle qui, comme une patte folle, ne se retrouvera surement nulle part ailleurs et qui se plaira à différencier SAD AND INSANE du reste du monde musical (« Fearless »). A ce propos, à l’instar de son titre phare, « Dopamine » et de la molécule y faisant référence, SAD AND INSANE se retrouve incité à prendre des risques, et le résultat est loin de décevoir. Pour profiter du tout, il ne reste donc qu’à se laisser guider dans cette descente interne et à se laisser tourmenter par les flots créatifs qui submergent peu à peu le son unique de SAD AND INSANE. En plus, comme pour enfoncer le clou de sa folle et exubérante création, SAD AND INSANE dépose comme il se doit une reprise de Tears For Fears qui propose un « Mad World » réaménagé et loin de l’original mais qui lui fait garder pourtant toute sa saveur. Bref, autant de petites choses qui, mises bout à bout, dénotent la faculté surprenante des titres de Fearless à envahir ta tête et à y rester pour un sacré bout de temps (« Dopamine » par exemple). Par ce troisième effort, celui de la maturité selon l’adage journalistique, SAD AND INSANE n’a pas fini de faire parler ni même d’attiser l’intrigue qu’un groupe de rock industriel « pas comme les autres » mais pourtant terriblement prometteur peut susciter autour de son univers et de sa musique.

Alors, qu’il soit vraiment l’album de la maturité ou non, ce troisième opus (sixième si on y ajoute les EPs) ravira nombre d’adorateurs mécaniques des grandes époques de Trent Raznor, Al Jougoursen ou autres vis et boulons. En fait, durant les quarante-huit minutes et des roupillons de cette nouvelle dose de SAD AND INSANE, Cedric Gelin nous apporte allégrement de quoi faire imploser ta définition de musique indus, t’éveiller des peurs mécaniques et exploser tout ce bazar (et ton cerveau avec au passage). Alors comme conclusion, arborons donc fièrement que Fearless est ce que SAD AND INSANE fait de mieux, et que du haut de ses onze titres industriellement rock, Fearless est fort tant en substances sonores psychotropes qu’en injections auditives dangereusement addictives (mais entières licites !)

Pour les fans de : Nine Inch Nails, Ministry, Mindless Self Indulgence, Treponem Pal etc.

Tracklist :
            1. C8H11NO2 (Dopamine)
            2. Dopamine
            3. Lonely (My Own Prison)
            4. Death By Glamour
            5. Fearless
            6. Nothing Is Real
            7. Monsters
            8. UtopYa
            9. Mad World (Tears For Fears Cover)
            10. Losing Myself
            11. Anti Pop Song

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *