FENIX TALES : « The Abyss Eye » par Romain RICHEZ

FENIX TALES “The Abyss Eye”

Genre : Metal Symphonique/ Gothic Opera Metal

Par Romain RICHEZ

Même si l’Italie est davantage connue pour son Histoire ou ses pizzas que pour son équipe de pétanque, et que pour son opéra plutôt que pour son gangsta rap, FENIX TALES vient rappeler une nouvelle fois qu’il est toujours possible d’allier beauté sonore à réussite et l’art lyrique à l’agressivité des décibels. C’est directement dans cette visée, dans ce but ou dans cette ligne directrice que s’inscrit son album, The Abyss Eye. Alors inutile de gaspiller son temps à prier pour que l’Inter de Milan batte la Lazio ou que l’AS Roma l’emporte face au grand Milan AC tout en mangeant une pizza, FENIX TALES nous livre un conte sonore à base de phœnix et surtout de symphonies dignes des plus grands Opéras Italiens. Alors ténor ou castra, soprano ou alto, FENIX TALES et The Abyss Eye sauront séduire tous les types de voix mais surtout tous les types de tympans. Du coup, sortons la Castafiore et tentons, comme Tintin, de résoudre ses mystères !

Groupe six pièces venant tout droit de Florence, FENIX TALES revêt toutes les caractéristiques premières d’un groupe, à savoir des musiciens bien entendus. L’un de ces illustres bougres tenant une guitare (Joe), un autre une basse (Alex), un troisième les claviers (Marco), une quatrième à la batterie (Simone) et un cinquième au violon (Federico). Pour le chant, FENIX TALES se démarque toutefois en pavanant un nom qui n’est pas inconnu de l’opéra italien, puisque la soprano Lucy Lucia tient ici le micro. Alors pas de growl ni même de grunt, encore moins de pig-squeal ou de screams, FENIX TALES revient à l’essentiel et à la simplicité : une voix claire, cristalline et angélique pour faire atteindre une espèce de magnificence à ce disque. De même, vite oubliés la distorsion assassine des sept cordes ou le blast incessant porté par une double-pédale presque détruite, FENIX TALES, fait une nouvelle fois preuve de simplicité en arborant un instrumental léger presque Rock qui se voit suppléé par des violons, des claviers, des violoncelles voire une contrebasse. Les instruments classiques conférant à ce titre une atmosphère spéciale et un univers envoutant (« Friendly Darkness »). Aisément et simplement, FENIX TALES dresse par The Abyss Eye un metal symphonique très facile d’accès qui conviendra à tous, à toute heure et à toute époque. En fait, bien plus qu’être étiqueté « metal », The Abyss Eye est surtout un disque grand public qui traversera les frontières estampillées des styles et des genres pour aller conquérir les amateurs de douceur, d’opéra, de classique, de variété et de musique des mondes (« War »). En ce sens, FENIX TALES ne se réclame ni du metal, ni du symphonique, mais seulement de la musique, peu importe le style tant que le groupe et son univers invitent au voyage. The Abyss Eye peut donc s’apparenter à un vaste opéra en huit actes qui se plaira à varier les sonorités et les ambiances, des thèmes orientaux, aux plus médiévaux en passant par des touches plus modernes et contemporaines (« Confutatis Maledictis », « Paths »). Il est donc plus que logique, que The Abyss Eye revendique une grande face progressive qui se plait à varier les tempos, les rythmes et la structuration de ses morceaux ou les enchainements de notes faisant guise de compositions (« Dolls », « LCI »). Pour la critique, il ne reste rien si ce n’est le plaisir de fermer les yeux et de laisser la voix de Lucy Lucia guider l’imagination et la rêverie qui nous prend d’une folle envie de voyage dans le temps, de Cour du Roi, d’excellence et de sainteté (« The Abyss Eye »). Pour sûr, The Abyss Eye est un périple approchant la quarantaine de minutes, mais surtout The Abyss Eye n’a que faire des codes et préjugés du genre et préfère avancer vaillamment dans son nectar propre et unique.

Pour conclure, si Venise est connue pour ses gondoles et ses ruelles emplies d’Histoire, que Rome l’est tout autant pour son passé et que Milan ou Florence rayonnent par leurs rôles dans les siècles passés, FENIX TALES apportent une pierre de plus à l’Histoire Italienne avec cette pause dans le temps et l’évolution qu’est The Abyss Eye. Bref, un instant délicat et magique au milieu de ce monde de brutes et de ses avancées incessantes. Un beau conte dans un monde sonore merveilleux !

Pour les fans de : Epica, Within Temptation, Elyose etc.

Tracklist :
            1. Once Upon A Time
            2. Friendly Darkness
            3. Confutatis Malecditis
            4. War
            5. Paths
            6. The Abyss Eye
            7. LCI
            8. Dolls

 

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