DU METAL A LA CAMPAGNE

photo : PSYKUP © PIDZ

A Rexpoëde / Samedi 16 septembre 2017

Par Vincent DEMARET

HEADCHARGER Du métal à la campagne © Pidz

« Le plus petit des grands festivals metal au nord de Paris » fête ses 10 ans et, malgré une chute vertigineuse de ses subventions (Jean Bernard Ductrou, élu local imaginaire : « la culture, c’est pas rentaaaaaaaaaaaaaaaaabbb’ »), a tenu à le faire comme il se doit. Me voilà donc en virée à Rexpoëde en ce samedi humide et bouillasseux.

FOOL’S PARADISE est sur les planches de la scène Meulen Hof à mon arrivée. Je vais être honnête, le style développé par le groupe n’est pas pour moi. On est dans le heavy metal traditionnel, avec une grosse influence de la Vierge de Fer. Les mecs sont contents d’être là, le chanteur est très présent et maîtrise bien son art. Le public est clairsemé, mais les auditeurs présents ont l’air d’apprécier le heavy du groupe.

Je change de salle, direction la scène de la Source et là, bouchon à l’entrée de la salle blindée. Mais kékispasse ? Y’a un accident sur l’A25 (c’est toujours le bordel sur l’A25 d’façon) ? Je me fraye un passage et constate que non, pas de camion en travers, les OVERDRIVERS sont simplement sur scène. rock’n’roooolllllllllllllllll ! Ces mecs font dans le hard rock qui ne se pose pas de question. Une énergie d’environ 156 987 523 joules est déployée chaque minute sur scène. Le spectacle est notamment assuré par un gratteux soliste agité qui headbangue comme un dératé, va partout dans la salle, jusque derrière la régie, et termine grimpé sur les gradins du fond. La chorégraphie du groupe est travaillée ; bref ils font un tabac. Si je devais faire une critique, ce serait à propos de ce que dégage le groupe : on sent bien trop d’inspiration tirée du côté des Airbourne. Les marcels de sortie, les gibson qui vont bien, l’attitude scénique des plus mouvementée (je m’attendais à ce que le soliste grimpe au plafond à un moment donné…), les balancements synchro des zicos,….un gros clin d’œil très appuyé à la bande de Joel O’Keeffe quoi (qui est elle-même accusée de pomper la bande d’Angus Young d’ailleurs…). M’enfin, c’était honnête, efficace, ça a mis la banane à la salle, et ça a fait causer les pisse-froids dans mon genre.

MERCYLESS arrive ensuite au Meulen Hof, avec une décoration de scène soignée. Ces anciens de la scène death française vont nous faire un set de death metal plutôt technique qui me rappelle beaucoup ce que faisaient les dieux du style : DEATH. Le son est très brouillon sur les deux premiers morceaux, mais s’améliore franchement par la suite. Le chanteur guitariste Max Otero ne fait pas juste acte de présence, est clairement motivé, et remerciera chaleureusement le public et le festival. Il va falloir que je rattrape mon retard en écoutant la discographie du groupe.

HEADCHARGER prend la suite sur la même scène et nous sert une mixture fort digeste de stoner lourd, plutôt groovy, avec des parties vocales chantées et régulièrement hurlées. C’est vraiment pas mal fichu, et je trouve que les parties vocales hurlées apportent un plus à la musique du groupe, ajoutant de l’agressivité au feeling très rock de leur son. Le groupe tourne bien, avec une attitude hyper positive et sympathique. La place du groupe à cette hauteur dans l’affiche n’est vraiment pas usurpée.

!!! ALERTE A LA BAFFE !!! !!! ALERTE A LA BAFFE !!!

PSYKUP arrive et me mets la mandale de la soirée. Les mecs ont fait leur sound-check tranquilles-mimiles, limite on les sentait fatigués par les bornes faites pour venir se produire à Rexpoëde City. Une déco de scène flashy reprend l’esthétique de la naïade et de l’hippopotame figurant sur la pochette du dernier album.  » Surfin’USA «  des Beach Boys résonne dans la salle, et les membres du groupe déboulent en mode plagiste – t’as vu mes nouvelles tongues ? BOOOOOMM ! – déflagration. C’est plus du tout cool man, « Violent Brazilian Massage » explose la salle et le pit devient sanglant. La maîtrise du groupe est impressionnante, le batteur est une machine de guerre. Mais comment qu’y’font pour s’y retrouver dans tous ces breaks ? Les deux chanteurs passent du scream au chant funkisant comme ils passeraient du hors d’œuvre au plat principal. Les morceaux du dernier album passent excellemment bien sur scène, et le groupe n’est pas une seule fois pris en défaut, ou ne patine quelque peu. Des titres comme « Love Is Dead » ou « Shampoo The Planet » sont interprétés et terminent le boulot d’anéantissement de l’assistance. Le set du groupe est brillant, bien trop court œuf corse, et ne laisse qu’une idée en tête : revoir le plus vite possible les PSYKUP.

BLACK BOMB A – Du métal à la campagne © Pidz

On finit la soirée avec BLACK BOMB A, et avec BBA, c’est grrrrraaaaaaaaaaasssss. D’entrée de jeu, la salle se déchaîne et le groupe le lui rend bien. Une poupée gonflable sortie de nulle part se retrouve dans le pit et finira suspendue à un filin passant au-dessus de la fosse. Des esprits salasses ont prétendu que la pauvre aurait été mise à sécher car trop imbibée après sa promenade au camping…..oui, des esprits malades je vous dis. Il faut bien avouer que le groupe balance des morceaux ultra efficaces auxquels il est difficile de résister sans dodeliner de la tête. Malgré cela, une impression de redondance s’installe après trois ou quatre morceaux. Le son est massif, mais en fait trop massif (le mec va à un concert de metal et se plaint quand le son est trop lourd…..je coche : ça, c’est fait) ; explication : j’ai parfois beaucoup de difficulté à discerner avec clarté le ou les riffs joués, de discerner la guitare de la basse. Est-ce mon oreille de merde ou une réalité ? : « the truth is out there » comme dirait l’autre. En tous cas, le groupe met de l’énergie et satisfait largement son public. Contrat rempli donc pour BBA.

Encore une fois, ce samedi soir passé au METAL A LA CAMPAGNE s’est avéré fort agréable. Un grand merci à tous ces gens qui s’impliquent et qui se bougent pour qu’un tel événement ait lieu. RESPECT.

A vous Cognacq-Jay !

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