CROSSROADS Festival 2017

CROSSROADS 2017

Du 14 au 17 Septembre à Roubaix

Par SCHNAPS

Le Cross Road (sans s à la fin) est une chanson de Robert Johnson, écrite et parue en 1937. Avec un s au bout c’est, au choix, un excellent film réalisé par Walter Hill  qui s’inspire de la vie du fameux blues man, mais aussi un film tout pourri avec Britney Spears. Enfin et c’est ce qui nous intéresse, c’est un festival qui aura lieu du 14 au 17 septembre à Roubaix, notamment à La Cave Aux Poètes (j’en profite pour rendre hommage à Michelle, qui fut un membre actif de ce lieu et qui est malheureusement décédée cet été) et à La Condition Publique. J’ai remué ciel et terre pour interviewer Hervé Leteneur, l’un des organisateurs de la chose, et c’est au Fucking Blue Boy, dancing bien connu des gens du spectacle, que je l’ai retrouvé.

Rappelle nous le pourquoi du comment du pour qui de ce festival ?

L’idée de créer un festival de show case dans la région s’est déroulé en plusieurs étapes. Notre association exporte les artistes régionaux depuis 2001, que ce soit en France ou à l’étranger. Il y a 15 ans, le but était de trouver un label ou un éditeur car le développement passait obligatoirement par une signature et reposait sur le disque. Aujourd’hui c’est la scène et la tournée qui sont les moteurs de l’émergence.

D’autre part, à plusieurs reprises, différents bureaux exports et structures d’accompagnement avec qui nous avons mis en place des partenariats au fil du temps, nous ont demandé quels étaient les meilleurs moments pour venir rencontrer les programmateurs régionaux. A part les Nuits Secrètes et quelques moments éparses où les pros de la région se retrouvent, il n’y avait pas vraiment de moments phares où la filière se retrouve en une unité de temps et de lieu en permettant un vrai croisement des réseaux.

Ensuite, nous sollicitons chaque année plusieurs festivals internationaux pour leur proposer quelques artistes en développement, et souvent nous sommes considérés comme des « clients » venant acheter un peu d’exposition. Un exemple, pour faire jouer à deux reprises deux groupes au Great Escape à Brighton, il en coûte 6000 livres. Pour le Reeperbahn à Hambourg, c’est 3000 €. On s’est dit que si on créait un événement similaire sur le territoire des Hauts-de-France en exposant pour moitié nos artistes et pour l’autre partie, une sélection de groupes internationaux et d’autres régions de France, on pourrait prétendre à devenir un festival associé, un partenaire plutôt qu’une machine à cash. C’est bien connu, les festival s’invitent entre eux, il suffit d’entrer dans la cour des grands pour pouvoir prétendre offrir à d’autres partenaires ce que l’on recherche à l’année : trouver des débouchés pour nos artistes sur d’autres territoires.

Enfin, il y a eu pendant deux ans, sous l’égide de la Région Hauts-de-France, une série de réunions des acteurs de la filière sous l’appellation CROMA (Collectif de Réflexion Ouvert des Musiques Actuelles). Les différents acteurs de la région (labels, éditeurs, développeurs d’artistes, réseaux, salles de diffusion, accompagnement…) se sont retrouvés pour faire les bilans des différents outils en place et les perspectives pour les musiques actuelles en région avec la fusion des régions. Le projet de festival « vitrine » proposé par la BIC s’est retrouvé validé par l’ensemble des intervenants, le manque d’un événement majeur pour les musiques actuelles sur le territoire régional étendu étant patent.

Comment avez vous sélectionné les groupes?

Contrairement à ILLICO! Ce n’était pas la peine d’envoyer un chèque au rédac chef ou de coucher avec Schnaps pour être sélectionné (quoique, cerise sur le gâteux…)

Plus sérieusement, depuis la première édition, nous avons voulu qu’il y a ait 50 % de groupes régionaux (avec une répartition équitable entre la zone picarde et celle du Nord-Pas-de-Calais) et 50 % de groupes « invités » et proposés par des bureaux exports d’autres pays, et/ou accompagnés par des structures étant en mesure de financer leur venue sur CROSSROADS (par des structures similaires à la BIC hors région, ou des entités de type SMAC). Les modalités de sélection sont encore à amender, mais pour les deux premières éditions, nous avons procédé ainsi : pour les groupes Hauts-de-France, nous avons pris en compte les groupes accompagnés et proposés par les membres des deux réseaux, le Patch et le RAOUL, et en aussi recherchant les groupes ayant une forte actualité sur le moment. L’idée était de sélectionner des artistes étant d’une manière ou d’une autre accompagnés par des structures en place. Mais je reconnais là les limites de cette méthodologie, excluant de fait les groupes n’ayant pas de structures partenaires pour accompagner leur développement. Je pense que pour 2018, nous devons ouvrir davantage la sélection, quitte à provoquer les rencontres entre les acteurs et les artistes pour qu’un maximum d’atouts puissent être réunis en amont du festival. Il s’agit finalement d’entamer une réflexion pour n’exclure aucun artiste, pas seulement pour le festival mais à l’année et pour l’ensemble du territoire. Il manque aussi quelques outils régionaux comme un centre de ressources et une data base publique de recensement des groupes et des lieux de diffusion. Tout un pan de l’accompagnement est à redéfinir.

Pour revenir sur les modes de sélection de CROSSROADS, après avoir établi un listing d’une centaine de groupes, nous avons convoqué un jury composé par des acteurs régionaux issus du disque et de l’édition, des programmateurs de type smac, et des développeurs d’artistes. (plus ou moins un tiers par segment de filière). Le choix s’est arrêté sur une trentaine de groupes. Certains groupes n’étant finalement pas dispos sur le festival, le curseur s’est placé sur les groupes ayant le plus de votes en leur faveur. Nous avons conscience qu’il faudrait davantage ouvrir le festival à toutes les formations et tous les styles musicaux, nous allons entamer une réflexion avec les différents acteurs de la filière pour mettre en place des règles et des modes de sélection permettant d’affiner et d’être un peu plus en phase avec la réalité et les besoins du terrain. Nous ne souhaitons, cependant pas procéder comme un tremplin ou un radio crochet et demander aux artistes de remplir un dossier . L’objectif est dans l’absolu, que chaque groupe sélectionné soit accompagné par différentes structures supports, qu’elles soient privées ou publiques pour rendre plus performant leur développement. Nous avons parfois, avec la BIC, amené des formations musicales insuffisamment encadrées sur des spots comme les Trans Musicales de Rennes, et nous avons constaté que, sans un bon management, faisant le suivi des rencontres pros, ou les provoquant, c’était souvent un coup d’épée dans l’eau et que les répercussions pour la carrière de l’artiste n’étaient pas satisfaisantes.

Je constate que musicalement la pop électro très en vogue à Lille laisse de la place aux guitares à gros son , as tu remarqué ça toi aussi ?

Pour avoir fait partie à une époque, de la scène régionale avec le groupe crossover Useless, en tant que chanteur, j’ai remarqué qu’il y avait parfois un effet de mode qui tournait par cycle de 6 ou 7 ans. Finalement, même si les groupes à guitares ont laissé la place à l’electro, le Djying, dans les années 90, globalement, le rock et la pop constituaient quand même le gros des troupes, bien que les musiques électroniques se taille davantage une place dans le haut du pavé. Reste une belle offre en chanson et en hip hop, de très bonnes formations en jazz et d’excellents groupes de métal. Même si ceux-ci restent davantage dans des « niches » de marché et ne seront jamais mainstream. Le but du festival n’est pas de découvrir des Skip The Use tous les ans, mais de permettre à des artistes de s’exprimer et de tenter de vivre de leur travail en leur donnant un maximum d’outils. On se fiche un peu des genres musicaux, il y a des réseaux de diffusion à travailler pour chaque esthétique musicale.

Cette forme d’accompagnement des groupes locaux est il nécessaire pour démarrer une carrière? Quelles en sont les limites?

La plupart du temps, l’émergence artistique a besoin de plusieurs ingrédients et nécessite plusieurs étapes avec un passage obligatoire par la scène. Ce qui nécessite souvent une reconnaissance régionale, par les lieux de diffusion, et par des développeurs d’artistes qui prennent en charge le booking et la gestion administrative des artistes. Des dispositifs tels que les Inouïs du Printemps de Bourges, la PAM ! ou la BIC par CROSSROADS ou les différentes expositions à l’export que nous proposons (Festival FrancoFaune à Bruxelles, les Trans Musicales et Bars en Trans, et tous les ans, un festival européen) permettent aux groupes de bénéficier d’une belle exposition professionnelle. Les limites ont été évoquées lors de la réponse à la question précédente : un groupe se débrouillant seul, sans tourneur , label ou management efficace risque de ne pas s’emparer des aides apportées. Un exemple concret : Chamberlain a été sélectionné en 2015 par la BIC pour jouer sur le Reeperbahn à Hambourg. Nous avons invité un maximum de pros, financé et organisé le déplacement et provoqué les rencontres entre Mélodyn le tourneur de Chamberlain, et différentes structures allemande. Grâce au travail de suivi de Mélodyn, le groupe a pu signer un contrat avec un tourneur allemand en 2016. Nous ne pouvons nous substituer au travail de fond et d’endurance d’un développeur d’artiste. C’est ce maillon qui est le plus important et souvent le plus négligé par les financements publics. C’est aussi l’objectif du festival : que les développeurs, les programmateurs des lieux de diffusion et les artistes se rencontrent et que les carrières soient confortées par une bonne circulation déjà sur la région, et ensuite au niveau hexagonal et international. C’est également l’objectif des différentes conférences mises en place par le Patch et le RAOUL dans le cadre du festival, donner des outils aux acteurs de la région sur des thématiques comme l’export, ou le financement des projets.

JEUDI 14 SEPTEMBRE
NAPOLEON GOLD, GRINDI MANBERG, FLÉAU
A Roubaix [59] Cave aux Poètes

VENDREDI 15 SEPTEMBRE
S A R A S A R A, ELEANOR SHINE, HYDROGEN SEA, KIMBEROSE, LE DUC FACTORY, RADICAL SUCKERS, THE LUMBERJACK FEEDBACK, CAYMAN KINGS, DYNAMIC BLOCKBUSTER, MONOLITHE NOIR, AZUR, YOU MAN
A Roubaix [59] Condition Publique

SAMEDI 16 SEPTEMBRE
MATHIAS BRESSAN, KOUZY LARSEN, CHEAP WINE, BUMPKIN ISLAND, ROBBING MILLIONS, SEED TO TREE, HILDEBRANDT, JUNIOR MAKHNO, JOJOBEAM, RENOIZER, YALTA CLUB
A Roubaix [59] Condition Publique

DIMANCHE 17 SEPTEMBRE
ACID JAZZ MACHINE, BIG FUNK BRASS, THE HEAD SHAKERS
A Roubaix [59] Condition Publique

www.crossroadsfestival.org

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