IN THEATRUM DENONIUM Par Vincent DEMARET

IN THEATRUM DENONIUM

Théâtre de Denain / 04 mars 2017

Par Vincent DEMARET

UADA (US)
Première venue sur le sol européen pour ce groupe originaire de l’Oregon. Trois dates en Allemagne, France et Hollande sont programmées pour cette mini tournée «Haunting Europe 2017». Le groupe envoie un black mélodique aux tempi variés, avec assez  peu de blasts à vrai dire. Ca tourne comme une horloge. Le groupe est affublé de capuches façon Nazgûl histoire d’appuyer sur le côté sombre de la formation (et pourtant ils n’ont pas éteint la lumière comme le réclamait Axel Bauer). Il y a un guitariste soliste, et c’est un vrai plus je trouve. Il amène soit des phrasés guitare très accrocheurs, soit carrément de chouettes soli, notamment sur le morceau final «Black Autumn, White Spring». Les parties vocales me rappellent MGLA par moment. L’ambiance globale est assurément obscure et épique. J’étais modérément emballé lors de l’écoute de leur album, mais beaucoup plus convaincu par leur prestation live. Un pseudo-bémol : pas ou peu de communication avec le public, mais dans ce style de zique, difficile de faire autrement non ? Je vais en tous cas revenir à leur album avec un peu plus d’attention.

HARAKIRI FOR THE SKY (Autriche)
Second set du festival et nouvelle découverte en ce qui me concerne (oui j’ai bien conscience de mon ignorance crasse !). Moment «étiquettes» : je dirais que le groupe joue un metal teinté d’influences black (blast beat sur certains passages) et d’influences hardcore/post-hardcore voir rock par moment. Ils ont un sens mélodique certain, avec de simples mais efficaces mélodies-guitare qui colorent agréablement les morceaux. La première partie du set passe comme une lettre à la poste. La deuxième partie est plus compliquée. On a rapidement un sentiment de redondance des morceaux. Le chanteur du groupe est assez peu à l’aise dans son occupation de la scène. Je trouve qu’il dénote un peu avec le reste du groupe plus pro dans sa manière de faire face au public et d’occuper l’espace. Je ne suis que moyennement accroché par leur musique, mais le groupe a apparemment un public enthousiaste ravi d’être là.

Setlist :
Calling the Rain
Funeral Dreams
Dancing on Debris
Burning From Both Ends
Viaticum
Lungs Filled With Water
Jhator

THE GREAT OLD ONES (France)
LE groupe que je voulais absolument voir. Je suis très curieux de voir ce groupe œuvrer sur scène, car emballé par leur avant-dernier album Tekeli-li et par l’écoute de leur dernier album EOD : A Tale Of Dark Legacy. Et là ce soir, bah je me prends une baffe. Le groupe est juste bluffant de maîtrise (quel batteur !) et de prestance. Les capuches sont de nouveau de sortie, camouflant partiellement les musiciens. Le jeu de lumière est parfaitement adapté, la mise en scène a  ce qu’il faut de solennel et grandiloquent sans tomber dans le ridicule. On célèbre les Anciens, mais avec classe Môssieur ! Sur le devant de scène trône ce qui me semble être «Cthulhu»; une sculpture (métallique ?) de la créature lovecraftienne  nous scrute et s’assure que les disciples pratiquent correctement le Culte. Le groupe ouvre avec l’excellent premier titre du nouvel album « The Shadow Over Innsmouth», dont le final est dantesque. Viennent ensuite d’autres titres «When The Stars Align» ou «The Ritual». Une intro résonne dans la salle et l’on entend le fameux «Je Ne Suis Pas Fou» qui préfigure le sublime morceau «Antarctica» sur Tekeli-li. Ça ne m’arrive pas souvent, mais le groupe m’a filé la chair de poule lors de l’interprétation de ce titre. Le pied TO-TAL. C’est ce genre de moment où je prends pleinement conscience de la puissance de la musique et du panel d’émotions qu’elle peut véhiculer. Le groupe interprète des titres instrumentaux hypnotiques à souhait comme «Visions Of R’lyeh» ou «The Ascend». Le set passe extrêmement – bien trop à vrai dire – vite. Très vite on arrive à la dernière cartouche du groupe qui part sous une ovation du public. On sort de ce rêve, ou délicieux cauchemar, on ne sait point trop, et on revient à la réalité. La réalité est parfois cruelle, mais en ce samedi 4 mars 2017, la réalité est celle-ci : THE GREAT OLD ONES en impose ; THE GREAT OLD ONES est un fleuron de la scène black (et sous genres affiliés) internationale.

Setlist :
Searching for R. Olmstead
The Shadow Over Innsmouth
When the Stars Align
The Ritual
Je Ne Suis Pas Fou
Antarctica
Visions of R’lyeh
The Ascend
Mare Infinitum
In Screams and Flames

ENTHRONED (Belgique)
Autant le dire de suite : le black old school d’ENTHRONED ne me parle pas. Ce qui est certain, c’est que la qualité acoustique de la salle est un vrai plus pour ce genre de musique véloce et saturée. Et là-dessus, le groupe n’est pas manche : ça blast bordel ! Oh que oui. Et c’est un vrai plaisir de bien distinguer ce que jouent ces musiciens lorsqu’ils crachent leur venin sonore.  A la vue de la petite fosse bien remplie, les fans s’en prennent une bonne dose et en redemandent. Le taulier à corpse paint enchaîne les postures démoniaques, et le groupe enquille les morceaux comme un trader enchaîne les opérations boursières (et les rails de blanche). Le set me semble quelque peu écourté par rapport à l’horaire prévu, mais peut être est-ce moi qui débloque. L’assistance est, en tous cas, apparemment satisfaite.

IN THEATRUM DENONIUM
Que demande le peuple ? Un festival avec une programmation et une organisation de qualité, dans un cadre sortant des sentiers battus, à l’acoustique et à l’ambiance absolument parfaites pour le genre programmé, au tarif imbattable, le tout avec des bénévoles accueillants et souriants ! (mais ? sourire dans un festival axé black et consorts, n’est-ce pas une faute de goût ? hein ? Je vous pose la question !) : Comment ne pas être satisfait ? Plus sérieusement, à la vue du succès remporté par cette seconde édition, des conditions ultra confortables pour voir les groupes, de la classe du lieu et de son acoustique, de l’organisation, j’EXIGE (c’est mon côté roitelet) une troisième édition.

A vous Cognacq-Jay !

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