WINFIELD : « Rock’n’Roll Ist Krieg »

WINFIELD : « Rock’n’Roll Ist Krieg »

Genre : Dirty Rock’n’Roll / Desert (Hard) Rock

Par Romain RICHEZ

Des historiens avertis affirmeront que l’élément déclencheur de la Guerre de Sécession entre les Fédérés et les Confédérés était un petit désaccord sur l’abolition de l’esclavagisme noir. Une bande d’intrépides mélomanes, quant à elle, affirmera que la cause de ce conflit emblématique de l’Histoire des Amériques était uniquement liée à un sacré disque de Rock’n’Roll bien couillu pondu par un groupe de Sudistes Frenchies audacieusement autoproclamé WINFIELD. D’ailleurs, une légende urbaine raconte qu’après l’écoute de leur nouvel album, un petit moustachu teigneux ce serait par la suite écrié « Rock’n’Roll Ist Krieg » est aurait prit cette maxime un peu trop à cœur. Quoi qu’il en soit, WINFIELD c’est aussi la sensation ressentie quand tu fumes un cigare cubain, en somme une espèce de sentiment de satisfaction qui te pousse dans un cosplay de Groucho Marx et qui te colle une folle envie de siroter quelques shoots dans cet amas de fumée. Alors rentrons dans le vif des signaux de fumée et restons-y !

« Un rock déluré pour des lyrics déjantés et un instrumental survolté pour un chant bien burné », voilà comment pourrait se résumer rapidement WINFIELD et son Rock’n’Roll Ist Krieg. Plus longuement, cette fois, WINFIELD et son Rock’n’Roll Ist Krieg pourraient s’analyser comme un rock qui mord méchamment, un peu comme les bandits dans les westerns-spaghettis. Rock’n’Roll Ist Krieg est ce qui ressortirait si Lucky Luke avait une folle envie de se bourrer la gueule et d’essayer de sauter Calamity Jane après un barbecue. WINFIELD, de son côté, est ce qui ressortirait si Marlon Brando se faisait enfoncer un bison entre les deux jumelles et se mettait à hurler comme un dératé après un taureau déjà trop énervé. Musicalement, WINFIELD s’adonne aux passions d’un rock sudiste (et pas nordiste, le général Lee ne serait pas content sinon…) costaud emporté par une voix criarde et éraillée puant le Rock’n’Roll comme on l’aime. En somme, Rock’n’Roll Ist Krieg est la promesse d’un bon disque aux décibels et aux riffs tant ensoleillés qu’alcoolisés. Concernant l’écoute, Rock’n’Roll Ist Krieg et ses dix titres sont un enchainement plus que réussi de cavalcades dans le désert, de duels forts en sombreros et en magnums et surtout de riffs à faire décoller les coyotes (« Hell & High Water », « Badass Rock’n’Roll »). Dix titres de Rock’n’Roll dans la pure tradition des clichés que l’on connait à notre style de prédilection, du King Presley au Dieu Lemmy. Mélangeant hard, heavy, rock’n’roll et stoner, WINFIELD avance dans un combiné dirty qui ravira tant le vieux cheyenne fada des 90’s que l’intrépide Billy The Kid armé des dernières sorties décibelleuses (« Thank You », « Kingdom Of Gold »). Rock’n’Roll Ist Krieg se plait à rendre hommage, il peut d’ailleurs revêtir tant des riffs aux allures Lemmysiennes que des airs Airbourniens (« Badass Rock’n’Roll »). Mais surtout, Rock’n’Roll Ist Krieg avance dans son propre univers inspiré par Bonnie and Clyde, Dallas et le Mississipi (« You Make Me Sick », « Blonde Savage Queen »). Autant de références aux roulottes et aux fusils des Pères Pélerins, au Tennessee et aux élixirs ou nectars alcoolisés qui expliqueront, sans doute, de nombreuses choses comme la présence de l’harmonica faisant ressentir la chaleur du Grand Canyon dès « The Opening » ou encore le fait que « El Tequito » se transformera en « El Tequila » le temps de la chanson des alcoolos (« Alcoholic Song »). Quoi qu’il en soit, c’est avec les santiags encore accrochées au cactus de la porte du saloon que l’écoute de ce Rock’n’Roll Ist Krieg se fait mielleuse et que WINFIELD se révèle être le pote un peu trop tordu qui te sauvera la mise lors de la tournée des derniers saloons avant la fin du monde. Et pour la faire plus « old school » et ricaine, WINFIELD à de quoi se lancer à la conquête du Grand Ouest pour chercher de précieuses pépites dorées et dézinguer tous les apaches et tipis qu’on croisera sur le chemin (car rappelons-le, le Rock’n’Roll c’est d’la guerre !)…

En fait, WINFIELD c’est autant de petits détails trippants ou de gros clichés qui font que Rock’n’Roll Ist Krieg est à écouter toujours et toujours plus fort ! Euh pardon, à écouter toujours « Goddamn Loud ! » et toujours plus « So Goddamn Loud ! » (« Goddamn Loud »). En fait, pour faire simple, WINFIELD ça pue le Sud, le Whisky et le sable fin des déserts brulants d’Arizona. De son côté, Rock’n’Roll Ist Krieg pue le soleil, la Tequila et bien évidemment le Rock’n’Roll. Bref, à défaut d’être du « Bidasse Rock’n’Roll », WINFIELD c’est du « Badass Rock’n’Roll » surdosé envoyé par quatre « Badass Motherfuckers ». Une véritable ode au Rock, aux blondes et aux pseudos mafiosos ou sheriffs en costards !

Pour les fans de : Airbourne, Lynyrd Skynyrd, Texas Hippies Coalition, Kyuss, Dog’n’Style etc.

Tracklist :
  1. The Opening
  2. Kingdom Of Gold
  3. Blonde Savage Queen
  4. Goddamn Loud
  5. Badass Rock’n’Roll
  6. El Tequito
  7. Alcoholic Song
  8. Thank You
  9. Hell & High Water
  10. You Make Me Sick

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