W.I.L.D.

W.I.L.D.

SAMEDI 11 MAI Douai [59] Red Studio

Par Romain RICHEZ

W.I.L.D. est sauvage. Avec The Domination Chronicles, W.I.L.D. décrasse une nouvelle fois les tympans et les nuques. Mieux ! Deux ans après Purgatorius, The Domination Chronicles entend régler les derniers petits défauts de son prédécesseur et enfoncer définitivement le clou «W.I.L.D.» dans ta tête. A quelques semaines de la sortie de ce nouvel album, Mat Chiarello pose sa guitare cinq minutes pour revenir sur ce second album du W.I.L.D. 2.0.

Bonjour et merci pour votre temps. Tout d’abord, pour introduire nos propos : que pensez-vous de la scène metal nordiste ?
Salut ILLICO! La scène nordiste très riche. Nous avons la chance de voir de très nombreux groupes, dans différents sous-genres de metal, par chez nous. D’ailleurs, beaucoup ont les armes musicales pour rayonner bien au-delà de chez nous ! Malheureusement, et paradoxalement, on trouve dans la région de moins en moins de structures, associations, lieux de concerts ou moyens de promotions… Le pire dans cette situation et que celles qui parviennent à éclore et à tenir debout avec un tant soit peu de longévité font face à de nombreux écueils, financiers bien sûr, mais pas uniquement. Et elles doivent également répondre à une attente grandissante de la part d’artistes de plus en plus nombreux!  Nous assistons à une véritable hécatombe ces derniers temps. Les lieux de concerts ferment les uns après les autres, notamment dans la région Lilloise où règne désormais cette impression de subir un torpillage en règle de l’underground, de ses lieux de concerts et de ses bonnes volontés. Alors, plus que jamais, merci aux courageux qui continuent à organiser des concerts, tenir des magazines ou webzines, promouvoir la scène locale !

Pour en venir au vif de notre sujet, musicalement comment décrire WILD : un death-thrash de bucherons ?
Plus le temps passe, plus nous travaillons à ce que ça soit un peu plus que ça. Les racines de W.I.L.D sont incontestablement dans le death-thrash, mais nous y incorporons un esprit plus prog’ dans certaines structures. Egalement pas mal de passages plus atmosphériques, des chœurs, des chants clean, de l’acoustique et pas mal de taf sur les arrangements. Cela dit, l’idée reste quand même d’arriver sur scène avec une putain d’envie de filer des coups de lattes!

De Wild Karnivor au W.I.L.D. tenant pour  «Wake Initiated Lucid Dream», que de chemin parcouru ! D’ailleurs, doit-on considérer W.I.L.D. comme la «suite» de Wild Karnivor ?
C’est forcément la suite logique puisque Fred, Thomas et Jérôme sont là depuis le début ou presque. Et surtout parce qu’ils n’ont pas changé d’état d’esprit : toujours teigneux. Si on leur ferme une porte, ils passeront par la fenêtre. Enfin, si elle est assez large. Tout cela pour dire qu’on retrouve toujours leur patte musicale ! Mais il est vrai que le double changement de line-up de 2016 durant lequel Thom a remplacé Eddy à la batterie et que je suis arrivé en tant que deuxième guitariste a apporté beaucoup de choses. Le W.I.L.D. actuel est une nouvelle famille recomposée. Nous avons pris de nouvelles directions musicales, de nouvelles manières d’écrire, et nous travaillons différemment.

Pour la question bateau du jour : quel album de la discographie du groupe faut-il recommander à une oreille souhaitant découvrir W.I.L.D. ?
Réponse bateau: le dernier ! (Rires)
Assez logiquement, Purgatorius faisait office de “premier album” pour le nouveau line-up. On a beau en être toujours fier, il a quand même été écrit et bossé dans l’urgence. Particulièrement pour Thom qui venait d’arriver et devait aussi bosser d’anciens titres pour le live! Pareil au niveau écriture, Fred et moi avons du trouver nos marques et un terrain commun… Pour The Domination Chronicles, nous avons vécu le processus de manière beaucoup plus naturelle. Même si, une nouvelle fois, nous avons du écrire très vite. Nous avons poussé plus loin la recherche d’ambiances, les arrangements, les chants etc. Finalement, durant nos sessions de compositions, nous avions écrit une vingtaine de titres pour n’en garder que la moitié. Le tout en pensant un peu plus au rendu live !

Puisque tu en parles, Purgatorius est sorti il y a environ deux ans. Quels retours ce précédent album a-t-il pu connaître et que vous a-t-il amené ?
Les retours ont été relativement bons dans l’ensemble, pas mal de chroniques positives venues de toute l’Europe. W.I.L.D a eu la chance de fouler de belles scènes à travers le pays, avec notamment Benighted, Svart Crown, Crowbar, Crisix, Hatesphere etc. Donc d’excellents retours !

Musicalement, The Domination Chronicles ne fait pas dans la redite des sonorités usées par Purgatorius. Pourquoi donc ne pas avoir choisi de composer dans la même veine pour ce nouvel album ?
Purgatorius restait le premier album du nouveau line-up, avec son lot de trucs à améliorer, retravailler, faire mûrir. Et c’est effectivement un album plutôt brutos, assez souvent linéaire… Pour nous il n’y a pas eu de rupture pour The Domination Chronicles. On est parti d’une même base, de ce qu’on sait faire. Mais on a accordé plus d’importance à la diversité dans l’écriture. Il y a toujours beaucoup de plans speed et bourrins mais pas seulement. Désormais, on a quelques titres plus mid-tempo, des influences parfois hardcore, parfois black, parfois prog qui étaient beaucoup moins présentes auparavant. On a aussi beaucoup plus pensé au live, à comment ces titres seraient ressentis en concert par un public qui les découvre, et à notre liberté de bouger plus sur scène… Des plans guitares qui “tricotent” moins et qui nous permettent de donner des coups de pieds sans rater de notes ! (Rires) En tout cas, The Domination Chronicles est très sombre, en tout cas pour un groupe qui n’a jamais mis ça particulièrement en avant. J’entends par là qu’on est pas Mayhem! De toute façon j’ai du utiliser les clous de mes bracelets pour accrocher des photos de mon chien. (Rires)

Quel concept se cache derrière The Domination Chronicles ?
Le concept général traite de l’enfermement sous toutes ses formes. De ceux qui se font enfermer et de ceux qui les enferment! La prison, la drogue, une relation violente et destructrice, Enrico Macias dans Surprise Sur Prise etc. Les textes sont liés par deux, on a à chaque fois le point de vue du dominé et celui du dominant. Jérôme a toujours eu le chic pour trouver des concepts intéressants, je l’en félicite. J’aimerais beaucoup travailler avec lui, qu’il me contacte ! (Rires)

L’artwork semble mettre en scène une prison. Était-ce pour coller aux textes de l’album ?
Oui exactement ! Ce sont des photos de l’ancienne prison de Loos prises en Urbex par des proches de Thom. J’aimerais beaucoup travailler avec eux, qu’ils me contactent! (Rires)

Que doit-on donc retenir de The Domination Chronicles ?
Que Purgatorius en était le brouillon, à pas mal d’égards. The Domination Chronicles est plus varié, mieux écrit et interprété. De plus, il a été mixé de mains de maîtres par les frères Wieslawski au Hertz studio (Pologne). Les frères Wieslawski ont notamment bossé avec Decapitated, Behemoth, Vader etc. Je pense qu’on a trouvé un rythme et une voie musicale, et si le line-up reste le même le prochain album devrait être un cran au-dessus, encore!

The Domination Chronicles est la seconde sortie défendue par le label Nordiste Overpowered Records. Pouvez-vous revenir sur la naissance de cette collaboration ?
Ca s’est un peu passé à l’ancienne, je ne pense pas que cela se produise encore souvent ! Arnaud, le boss du label, nous a vus en concert et nous a chopés à la fin pour nous dire «Trop bien votre groupe! Vous êtes trop gros mais je vous signe quand même !». C’était vraiment chouette à vivre. Overpowered est une petite structure qui monte. Mais ils croient en nous et nous aident énormément!

W.I.L.D se produira au Hellfest cette année ! Alors, la consécration, la bière ou les pétoches ?
Un peu de tout ça à la fois ! Les pétoches toujours. En ce qui me concerne, même avant de jouer au Café de la Mairie. Alors là le Hellfest, forcément… Toutefois, on sait très bien que ce n’est pas une fin en soi. Que pas mal de groupes y ont joué et n’ont jamais décollé ensuite. Mais, malgré tout, c’est une sacrée bonne nouvelle ! Perso, j’en rêve depuis un moment. Putain on va jouer au Hellfest, quoi. C’est ça qu’est bon!

Avant de conclure notre jeu des questions-réponses, comment s’annonce la suite pour W.I.L.D ?
W.I.L.D compte reprendre les concerts après avoir beaucoup répété les nouveaux titres. Au programme donc pas mal de dates sympas la Lune des Pirates avec les copains de Freitot. Si notre premier clip est sorti, d’autres vidéos sont en préparation : live, playthroughs, sex-tapes etc. Et surtout : on attend vos retours sur l’album!

Comme le veut la tradition, je vous laisse le dernier mot. Mais attention, un seul mot !
Planche.

Bref, W.I.L.D a sacrément planché sur ce nouvel album et sa qualité s’en ressent ! The Domination Chronicles se découvre dès le 29 Mars chez Overpowered Records. Douze titres, et bien plus de patates et de parpaings dans la tronche en live !

 

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