UNSWABBED

UNSWABBED

Par Romain RICHEZ

Aujourd’hui, il est bien inutile de présenter UNSWABBED, l’inépuisable bande Lilloise menée par le non-moins infatigable Sébastien Simon. Donnant pas tellement dans le Rock, pas tellement dans le Metal, mais surtout dans le Rock-Metal, UNSWABBED est, depuis plus de vingt ans, une pointure hexagonale et compte bien le réaffirmer à la rentrée prochaine avec son nouvel album, De l’Ombre à La Lumière. Quoi qu’il en soit, il y a quelques semaines, UNSWABBED donnait rendez-vous à ILLICO! pour répondre à quelques questions, ou plutôt Sébastien Simon et Christophe Douay tenaient à se confier à ILLICO!. Mais bon, tâche de rédacteur imperturbable oblige, l’interview s’est décidée quelques instants seulement avant que celle-ci se réalise. Alors place à une interview à l’arraché, pas tellement préparée et dont les questions sont venues (presque) entièrement sur l’instant mais qui nous montre bien qu’UNSWABBED est toujours là !

Alors ça y est, c’est le retour d’UNSWABBED ?

Sébastien « Seb » Simon : Ouais, c’est le retour d’UNSWABBED ! On est ravi, d’autant plus que notre nouvel album débarque au mois d’octobre. On est contents d’être là et d’avoir pleins de dates qui arrivent à la rentrée ! En plus, le groupe a une niaque comme jamais, mais alors vraiment comme jamais (rires).

Pas trop stressé du retour et pas trop dur de remonter sur scène ?

Christophe « Tof » Douay : Personnellement, je n’ai pas cette sensation de stress avant de remonter sur scène. Il n’y a aucun moment où je me retrouve vraiment stressé par ce retour. En revanche, ce retour suscite beaucoup d’envie chez moi, à chaque fois je suis impatient de refouler les planches. Et puis, on n’a jamais vraiment quitté la scène…

Seb : C’est exactement ce que j’allais dire ! Ce qui est très drôle, c’est que tout le monde parle de « retour ». Par exemple, la semaine dernière nous avons joué avec Mass Hysteria au festival Y’A Pas l’Feu et Mouss (NDR : Mouss Kelai – chant) me prend dans ses bras en disant « waouh c’est trop cool de vous revoir ! Ca y est, vous êtes de retour ?! C’est chouette que vous soyez de retour ! ». Alors oui, c’est en quelque sorte un « retour » car le dernier album électrique date d’il y a dix berges, mais le groupe, lui, ne s’est jamais arrêté. Nous avons continué à jouer, à composer etc. Donc nous sommes un peu perdus là-dessus, car contrairement à des groupes qui splittent ou qui font des pauses, nous n’avons fais ni split ni pause, nous avons continué à faire de la musique. Du coup, on est pas trop stressé par ce retour, puisque ce n’est pas un vrai retour ! (rires)

Tof : Pour faire simple, disons qu’UNSWABBED est de retour avec ce nouvel album, mais qu’humainement nous avons toujours été là !

Pour revenir quelques semaines en arrière, ce grand retour – pas tellement retour se faisait sur les planches du Splendid en première partie d’Hellyeah…

Seb : Alors comment te dire, Hellyeah c’était un peu particulier… En fait, je suis un énorme fan du groupe, donc j’avais acheté mes places avant de savoir qu’on aller jouer avec eux ! (rires) Pour la petite histoire, la dernière fois que je les avais vu, c’était au Forum de Vauréal à Paris quelques années plutôt. Du coup, quand trois jours avant la date, on s’est retrouvé programmé en première partie de ce groupe, on s’est dit « waouh génial ! ». Bon, après si tu te demandes pour les places, je les ai filées à des copains ! (rires)

Tof : Encore une fois, cela ne nous a pas stressé. On s’est même plutôt bien marré ! Mais bon, après disons qu’on a subi les conditions d’un petit groupe Français qui joue en première partie d’un gros groupe Américain. Et tout ça à l’échelle de notre Splendid !

Seb : Mais c’est super d’avoir fait cette date. Se retrouver en support d’un groupe de cette trempe, sur une scène où tu as peu de place pour jouer et où tu es obligé de t’adapter car toute la machinerie d’Hellyeah est déjà en place, nous a permis de nous roder pour la fin de l’année. Et ça c’est cool !

Alors maintenant, une question qui fâche : finalement UNSWABBED c’est quoi ? Du rock, du metal, du néo ?

Seb : Honnêtement, aujourd’hui, l’étiquette n’a que peu d’importance… La case et l’étiquette, c’était surtout super important dans les années 2000. Là tu te faisais défoncer la gueule par les « vrais » metalleux quand tu disais que tu faisais du « neo » metal. Le pire, c’est que nous étions produits par Stéphane Buriez (Loudblast, Sinsaenum, ex-Clearcut etc.) en ce temps ! Stéphane a produit nos deux premiers albums ainsi que notre première démo, c’est d’ailleurs grâce à lui que nous avons réussi à être signés. Pourtant, même si Stéphane nous produisait, on se faisait défourailler la gueule car on faisait officiellement du « neo » metal, juste car il fallait coller une étiquette sur le son que nous faisions. De nos jours, tout ce délire autour de l’étiquette a un peu disparu, et c’est tant mieux. Pour te dire, on commence à avoir toute une nouvelle génération qui nous assimile au « nu metal », « nu rock ». Et ça nous va très bien comme ça !

Tof : La vérité c’est qu’UNSWABBED a toujours fait son truc, sa sauce et nous n’avons pas changé, c’est toujours la même chose et chacun appelle ça comme il veut. Alors « neo », « nu », rock ou metal, peu importe et si on se fait défoncer la gueule on s’en fout (rires).

Pour la question « gros boulard » du jour, en tant que pointure du rock metal français, le retour de Pleymo vous fait peur ?

Seb : « Pointure » pas d’accord. Mais bon, comme c’est la question « gros boulard », je ne vais pas faire chier… Et puis, ça nous va comme appellation (rires)
Ensuite, pour Pleymo, personnellement et ça n’engage que moi, je n’ai jamais été fan de Pleymo. En revanche, je les ai toujours respecté. Qu’ils reviennent et voir que la tournée affiche complète, cela montre que des gens ont envie de se bouger le cul dans les concerts et c’est top. Donc, ça me plait bien plus que BB Brunes et compagnie (rires) Nan mais c’est vrai, ils sont qualifiés de « variétoche », de machin, de truc, mais ça reste beaucoup plus hardcore que tout ce qu’on peut voir chez Michel Drucker. Quelque part, c’est vraiment sympa qu’ils aient une tournée sold-out. Globalement, le nombre de groupes rock-metal français bien exposés ne sont pas très nombreux. Par exemple, on peut citer Gojira, Dagoba, AqME, Tagada Jones, Loudblast, The Arrs etc. Le nombre de groupes français présents sur les grands festivals n’est pas monumental. Alors si un représentant rock-metal made in France peut cartonner, tant mieux ! Pour cela, je respecte la démarche de Pleymo, que tu kiffe ou non leur zik, c’est super qu’ils soient sold-out et amènent du public vers le rock-metal français. Amener les gens à une guitare saturée ce n’est pas facile par les temps qui courent. Je préfère largement que les gens aillent voir Pleymo que Renan Luce. Bon bien sûr, faut prendre une partie de la réponse au second degré, c’est la question « gros boulard »… (rires)

Après la question « gros boulard », vient la question « bateau » : parmi toutes les sorties studios d’UNSWABBED, laquelle est la plus marquante selon UNSWABBED ?

Tof : La prochaine !

Seb : Ouais c’est tout à fait ça ! C’est bien à chier comme réponse et il n’y a aucune originalité dedans puisque tous les gars répondent ça, mais la plus marquante de nos sorties c’est bien la prochaine. Humainement, on a bossé deux ans sur cet album dans notre studio (NDR : le Studio In Situ à Béthune). Nous nous sommes rarement impliqués autant dans l’écriture, la composition, le mixage, les prises, le mastering etc. Donc je suis certain que, quoiqu’il arrive, même si on fait des albums qui cartonnent derrière, c’est celui-là le plus marquant de la discographie d’UNSWABBED.

Tof : C’est très humain mais également très artistique. Nous avons passé énormément de temps sur De l’Ombre à la Lumière, c’est l’album le plus travaillé à ce jour et surtout celui dont nous sommes le plus fier.

Seb : Tout ce qui sort de cet album est assumé à 100%, ce qui n’a pas forcément été le cas auparavant. En fait, aujourd’hui nous n’avons qu’une envie : que l’album sorte. Nous avons testé cinq morceaux sur scène (dont « L’Etincelle », « Une Bouteille à la Mer » etc.), et on se rend compte que ça marche, que les gens accrochent, que les refrains entrent en tête. Bref, les retours sur ceux-ci sont plus que positifs. Quand nous jouons les vieux titres, c’est facile, les gens les connaissent etc. C’est beaucoup plus dur de jouer des nouveaux titres que personne ne connait. Alors quand les gens viennent nous parler de tel ou tel nouveau titre après le set, on sait que cela a eu un effet et a marqué les gens. Et aux vues des retours qui ont pu nous revenir, nous sommes impatients de dévoiler le reste de l’album !

Comme vous venez de le dire, à la rentrée prochaine, UNSWABBED sortira son nouvel album, De l’Ombre à la Lumière. Que peut-on attendre de ce nouvel album ?

Tof : Niveau son déjà, j’ai produit intégralement ce prochain album. J’ai donc essayé d’y mettre tout ce que je pouvais, de le travailler dans ses moindres détails. C’est mon petit bébé, j’ai mis toute mon énergie dans ce nouvel album. J’en suis très fier !

Seb : Pour les gens qui connaissent UNSWABBED depuis longtemps temps, De l’Ombre A La Lumière est le digne successeur d’Instinct (NDR : sorti en 2006). La suite, mais en faisant mieux ! Nous avons poussé plus loin le curseur de l’écriture, celui de l’intégration du chant dans la musique etc. Nous avons fait particulièrement attention à ce que ce soit efficace tout en gardant ce côté d’UNSWABBED que les gens aiment, cette impression de parler à l’oreille quand on l’écoute au casque. En fait, De l’Ombre A La Lumière, c’est du UNSWABBED bien plus intime et efficace que tout ce qu’il a pu pondre dans le passé.

Tout comme la tracklist, l’artwork de ce prochain album a été dévoilé il y a quelques temps, pourrait-on en savoir davantage sur celui-ci ?

Seb : Nous voulions absolument une photo pour la couverture de cet album. On nous avait déjà proposé des photos, mais rien ne nous sautait vraiment aux yeux. Et par pur hasard, un soir alors que j’étais dans mon lit, je vois une photo d’un mec assis face au vide, à la ville, mais un truc de dingue ! Là je me suis dit que c’était ça ce qu’il nous fallait. C’est donc totalement par un grand hasard que je suis tombé sur cette page sur les réseaux sociaux, Mindwide. Du coup, je le demande en ami sur facebook, le truc à la con quoi, puis je me présente et je présente UNSWABBED. Tout de suite le gars était chaud pour que la photo en question illustre l’album ! Pour présenter rapidement son univers, Mindwide c’est un gars qui se promène sur les toits de Lille, de Paris, en toute illégalité. D’ailleurs, pour la petite histoire, c’est lui que l’on voit au début du clip « De l’Ombre à la Lumière ». En cela, l’artwork est directement lié au début de ce clip et il le sera également au clip suivant, c’est un tout. Du coup, t’as vu on ne t’a pas menti, on a beaucoup réfléchi et bien travaillé sur ce prochain album ! (rires)

Tof : D’ailleurs, même si l’artwork est une photo, l’intégralité du livret accompagnant le disque l’est également. Le rendu des photos est franchement énorme et Mindwide fait un boulot de dingue. C’est un artiste, un vrai et son taf est remarquable !

Les textes de De l’Ombre à la Lumière seront donc en Français. Du coup, après l’EP Tales From The Nightmares Vol.1, UNSWABBED a dit définitivement au revoir à la langue de Shakespeare ?

Seb : Non non, ce n’est pas fini. Il y aura une suite à notre yaourt, rassure-toi ! Tout le monde nous a sorti que c’était une connerie cet EP, mais nous, nous étions contents de le faire. Toute à l’heure, tu parlais de « gros boulard », alors pour le reprendre ici, on peut se comparer à Wes Borland, le gratteux de Limp Bizkit. Tu vois, Wes a ses side-projects à côté du biscuit mou. Nous à UNSWABBED c’est pareil, nous avons une espèce de side-project. Mais à la place de faire ce side-project en solo, chacun de notre côté, on a décidé de le faire en groupe (rires). En plus, quand on a annoncé qu’on sortait l’album en Français, on savait que 99% des gens diraient « ouais cool ! » mais que le 1% restant ferait « ah merde… ». Alors que ce pourcentage se rassure, il y aura une suite, d’ailleurs on a même prévu trois volumes ! (rires)

Pour clôturer notre petit entretien, si UNSWABBED ne devrait se contenter que d’un seul mot pour finir cette interview, lequel serait-il ?

Seb : « Poireau », c’est pas mal !

Tof : Après pour nous donner une légère apparence sérieuse, il y a « Envie » qui sonne plutôt pas mal.

Seb : Ouais, on prend ces deux-là ! « Poireau » et « Envie », mais pas « Envie de poireau » hein ! (rires) Quoi qu’il en soit, merci beaucoup pour cette entrevue !

C’est donc sur « poireau » que s’acheva ce jeu des questions-réponses à la va-vite avec UNSWABBED. Mais le principal est là, loin d’avoir pris sa retraite pour aller planter des poireaux, UNSWABBED n’a rien perdu de son énergie ni de son identité. De là, peu importe que le groupe de la Métropole Lilloise soit étiqueté « metal », « rock » ou « neo metal », tant qu’il continue à nous faire bouger en dégainant sa musique bien à lui, c’est bien tout ce qu’on lui demande. Alors, rendez-vous à la rentrée pour découvrir De l’Ombre à la Lumière et voir ou revoir UNSWABBED en concerts !

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