Un petit goût de DOUR par Sylvain Stricanne

Dour Festival 2016

Dour [Be] 13,14,15,16 et 17 Juillet 2016

Par Sylvain Stricanne

Dour: c’est à une sortie de l’autoroute après la frontière Belge en partant de Valenciennes, Dour: c’est l’un des plus gros festival d’Europe en terme de quantité d’artistes mais aussi de jours, Dour: c’est aussi un éclectisme hors-pair, Dour: ce sont des kilomètres à parcourir tant la surface est étendue entre chaque scène (mais c’est pour notre plus grand plaisir).  Avec ses 27 années d’existence, j’aurai dû au moins trouver une année pour y aller, si proche, si complet, si si si… si je ne m’étais pas arrêté à des à priori, fleuron de la bêtise humaine, fleuron de ma bêtise musicale pour le coup.

J’ai donc franchi le pas cette année 2016, attiré par quelques venues qui ne s’arrêtent pas à mes œillères de punkrocker/hardcore/indy lover. L’envie aussi de tenter l’expérience DOUR. A petite dose malgré les 32km à parcourir pour s’y rendre. Il y avait de quoi venir tous les jours à bien regarder la programmation. Du Mercredi: THE VACCINES; Jeudi: WIZ KHALIFA, THE PRODIGY, DELUXE, KADAVAR, BAND OF SKULLS, RONI SIZE; Vendredi: SHARKO, BIGA RANX, MOBB DEEP, PEACHES, RICHIE HAWTIN, LA FEMME, DOG EAT DOG. Mais il fallait à mon goût picorer de ci de là. Chose inhabituelle pour moi, il y a un comme une volonté de “rentabiliser” mon déplacement quand je vais sur un festival, c’est rituel. Voir le plus de groupes que j’aime (la minute psy: certainement un moyen de me rassurer).

DOUR va changer cela en moi, mais je ne le sais pas encore au moment où je m’y rends: le Samedi 16 Juillet. Pour moi le parcours sera clair: LAGWAGON (punkrock), MADBALL (hardcore Californien). Choix très limités mais les punkrockers font leurs adieux. Au bout du compte, ne sachant pas combien de temps je mettrais pour arriver à la Cannibal Stage, j’ai pris mes dispositions pour être un peu en avance. Ce fût largement le cas. Le staff de DOUR est particulièrement efficace (et sympathique). L’obtention du pass photo et parking press se fait en 2 minutes, se garer à 300 mètres du festival en 5 minutes. Marcher jusqu’à la bonne scène bien plus, pour des raisons de “béatitude”. Une fois garé et sorti de la voiture, une drôle d’impression positive m’envahit, le temps aide à cela. Il fait très très beau. Mais surtout les différents styles de musiques s’entrechoquent, les lumières malgré le soleil sont perceptibles, le brouhaha joyeux des festivaliers m’imprègne lentement. Passée l’équipe de sécurité renforcée, mais fort agréable (nous étions au sur-lendemain de l’attaque de Nice). Il faut s’enfoncer dans un chemin un peu serré et côtoyer la gaieté de certains VIP qui repartent. Je sens que DOUR est spécial. Cela se confirme en entrant dans la fourmilière festivalière. Les gens filent dans tous les sens dans la joie et la bonne humeur, j’ai le vertige de tant de mouvement et de la jovialité surréaliste qui me tombe dessus. Je reprends mes esprits et essaye de me repérer sur le plan, mais en parfait touriste je m’adresse aux autochtones. Un couple de Flamands à l’accent Italien m’envoie avec assurance dans une direction qui sera en fin de compte celle de la scène DanceHall et non Cannibal. Je ne sais pas si cela a été fait exprès, mais peu m’importe, j’ai le temps et je suis bien content de voir cette partie du festival tellement passionnée par la musique jouée. Il y a comme un goût de communion là-bas. Je rebrousse toutefois chemin et arrive lentement, car j’ai décidé de lambiner, à cette fameuse Cannibal Stage. FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES sont en train de jouer. Ils mettent toujours autant de verve à jouer leur hardcorepunk anglais teinté de folk, Frank Carter aime communiquer avec le public. 5 chansons plus tard, il est en sueur mais émerveillé par l’engouement de ses fans. Un selfie après, il achève son show non sans regrets.

le-bal-des-enrages-dour2016Sur cette scène jouera ensuite le BAL DES ENRAGÉS. Il faut 30 minutes pour changer la scène. Je décide de partir à la découverte de JAY PRINCE, le rappeur Anglais montant. Je ne connais pas sa musique mais seulement sa réputation. Aucune déception de ce côté, son flow très mélodieux et nostalgique à un côté très hip hop des 90’s qui m’attire. Son DJ est dans la même veine, ils assurent. J’écoute jusqu’à la dernière seconde possible avant de de rejoindre les KIDS UNITED du Punk/Métal Français: le BAL DES ENRAGÉS. Je ne mentirai pas en disant que sur disque je n’ai pas bien compris le concept (à part le fait de s’amuser entre potes) d’enregistrer des reprises. Les grands groupes généralement font des reprises en fin de concert, mais ce collectif qui regroupe une quinzaine de musiciens de gros groupes Français (Loudblast, Parabellum…) en fait un show à part entière depuis quelques années. Pas convaincu sur disque, ils changent la donne (aussi) en live. En 55 minutes ils ne ménagent pas leurs efforts pour faire un show musical carré mais aussi visuel jamais vu auparavant. Chaque morceau est comme une scène de film, une pièce de théâtre post-punk. Le cirque du soleil version punk. C’est absolument époustouflant et original: Maquillages, costumes, effets pyrotechniques, jeux de rôle. Tout y est. Je comprends le succès auprès du public.

freddy-cricien-from-madball-dour2016Pour attendre MADBALL, je repars écouter à droite et à gauche les différentes scènes. Je constate toujours autant d’activité et de joie dans les yeux des festivaliers qui viennent discuter sans te connaître. Il est temps d’aller écouter les Californiens et son leader Freddy Cricien (demi-frère de Roger Miret d’AGNOSTIC FRONT). Chez les Américains, pas besoin des 3 chansons syndicales pour s’échauffer. Freddy hurle son hardcore que l’on prend tel un coup de poing dans le thorax dès les premières notes. Il fait pourtant si chaud ce vendredi soir mais cela ne l’arrête absolument pas. Les hits et nouvelles compositions s’enchaînent, la bonne parole est aussi prêchée en même temps. Le temps passe vite, il est 23h30. Le temps de rentrer. A vrai dire ce fût avec regret car ce caractéristique brouhaha joyeux m’envoie certainement un message subliminal, celui de rester de profiter, de partager ce festival.

Dimanche 17 Juillet, je décide de revenir en fin de journée afin d’être à l’aise pour écouter les PIXIES sur le retour (en fin de journée). L’envie ne manque pas de tirer jusque 2h30 pour Mr Oizo, mais la raison me fera rentrer plus tôt. A mon arrivée sur la grande scène, il y a DJ PREMIER, l’aubaine!!! Il est rare de pouvoir écouter ce grand monsieur du Hip-hop accompagné de sa section cuivre et de son guitariste. On sens l’expérience de ce DJ quinquagénaire mais à la fraicheur musicale très prenante. Il mixe avec une dextérité particulière, les 20 000 personnes sont conquises. Il est temps de filer pour écouter le hardcore de THE BRONX. Expérience forte en prévision, ils étaient passés à l’Aéronef de Lille il y a quelques années. On sentait déjà l’envie du chanteur de partager avec le public en allant  faire du mosh-pit sur 2 chansons. A DOUR, c’est carrément l’intégralité du show qu’il passe dans le public, laissant ses 4 musiciens seuls et un peu statiques sur scène. La sécurité a été mise à rude épreuve pour assurer sa protection (ceci dit personne ne se frotte au colosse) et pour que le câble micro ne soit pas coupé. Il se donne à fond et partage avec les groupies folles de lui. Le show est très musclé mais hyper respectueux: les personnes projetées au sol sont immédiatement relevées. A la fin de ce concert, il faut prendre l’air, je pars écouter la scène Cubanisto Dancing et reviens voir ce que donnent THE SUBWAYS, 20 ans après les avoir vus. Cela ne change rien pour moi, leur power-pop mielleuse ne m’accroche toujours pas malgré le dynamisme qu’ils essayent de mettre sur scène. Je décide d’aller voir OXMO PUCCINO, tout aussi mielleux mais on le sait il est le rappeur Français de ce style, avec des textes très recherchés, un Hip-Hop très pop et très propre.

pixies-dour2016Enfin il est l’heure d’aller écouter THE PIXIES qui font un retour fracassant avec une bassiste qui a la pression de remplacer Kim Deal, cette dernière ne s’entendant plus du tout avec Frank Black, et la réintégration de l’excellent guitariste Coco Santiago. On le sent pourtant lointain physiquement mais musicalement sa patte est là, cela se ressent encore plus dans les morceaux de leur nouvel album “Head Carrier” qu’ils nous font le plaisir de jouer. THE PIXIES varient les styles et époques, Frank Black nous fait un set acoustique d’anthologie. Les 1h30 passent vite, bien trop vite. Les sourires sont massifs sur les visages comme si chaque fan revenait d’un voyage dans son passé où la musique des PIXIES lui rappelant de bons souvenirs.

Il y aurait  au bout du compte tant de choses à raconter sur DOUR, festival irréel tant il est complet et varié. Si proche des Hauts de France qu’il ne faut pas hésiter à y gouter et ne plus pouvoir s’en passer. A votre tour.

 

 

 

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