THE BUTCHER’S RODEO, NOISE EMISSION CONTROL au Circus

THE BUTCHER’S RODEO, NOISE EMISSION CONTROL

A Lille [59] Circus / Vendredi 18 Mars 2017

Par Romain RICHEZ

Qu’est ce que tu foutais le jour de la St Patrick ?! Tu te bourrais la gueule ou tu décuvais dans un caniveau ? Certainement… Au lieu de t’adonner à tes folles péripéties alcooliques sur le bitume, t’aurais pu venir les poursuivre avec nous au Circus. En plus, il y avait deux putains de groupes et c’était une putain de soirée. Bref, t’as raté du bon gros Hobocore, un Rodéo, du bon et gras Rock Energisant, et surtout un gros coup de pied au cul carré directement au plus profond de ton fondement tellement ce fut à casser des culs !

Alors pour commencer cette belle soirée placée sous le signe des décibels plus qu’énergiques et des morceaux rageusement ravageurs, laissons les NOISE EMISSION CONTROL et leur High Energy Rock’n’Roll envahir avec empressement les planches du Circus (planches qui ne le cachons pas, ont déjà hissé les couleurs de THE BUTCHER’S RODEO). D’ailleurs, en parlant de planches, sur scène dès le premier morceau (« Cosmic Girl » pour être précis), NOISE EMISSION CONTROL (N.E.C pour les intimes) annonce la couleur et l’énergie qui se dégagera du set que le groupe vient à peine d’entamer. Ouais, ça promet d’envoyer, et pas qu’un peu !

C’est gros, c’est gras, c’est N.E.C, c’est bien plus que Rock et ça va te faire agiter la tête comme un goret affamé. Sur scène ça sue déjà et surtout ça pue le Rock burné et la testostérone. Donnant dans ce que l’on pourrait qualifier de « joyeux bordel décibellique qui te fera bien bander », NOISE EMISSION CONTROL propose des riffs accélérés ou une batterie aux toms martyrisés, le tout envoyé chier par un chant hargneux et rageur comme on l’aime (surplombé d’ailleurs par des hurlés émanant d’un bassiste sans cheveux mais à barbe). Et comme si ce n’était déjà pas assez énervé, comme si N.E.C avait besoin de plus de violence et d’agressivité, dès la fin du second morceau (« Hurlez !!! »), Fredd, le frontman de cette bande d’agités, fait tomber le sweat et dévoile son torse (recouvert de tatouages mais pas tellement de poils, désolé mesdames) pour relâcher davantage de testostérone. Pour sûr, NOISE EMISSION CONTROL est constitué à 99.9% de « je gueule dans le micro et je t’emmerde » et de quelques coups de poings dans la tronche en passant pour le 0.1% restant. Avec la cavalcade N.E.C, chacun pouvait largement prédire la tournure énervée que revêtirait la suite des événements. En fait, il suffisait de se baser simplement sur les maillots THE BUTCHER’S RODEO qu’arborent fièrement les quatre énergumènes. Et comme un T-Shirt ne fait pas tout, l’indice le plus démonstratif fut sans doute de voir ces quatre gusses se donnant corps et âmes à ce Rock surpuissant électrifié à bon coups de lyrics assassins et de couplets aux allures d’exécution publique (« L’An Pire »« Médiacrite »).

Quoi qu’il en soit, dans le public, ça dandine déjà de la nuque et des épaules, ça chante (ou plutôt ça gueule) et ça headbang d’ores et déjà (notamment sur « 8th Wonder »  ou « Envie »). Un beau petit pit qui se réveille et s’anime doucement au rythme de cette belle et douce mélodie que compose les quatre orfèvres enragés de N.E.C. Les rangs présents seront d’ailleurs asséné, molesté et stimulé par les vocales guidant de cordes fermes les riffs et titres de NOISE EMISSION CONTROL. Et que dire de la personne qui les tiens ces vocales ? Puisqu’en plus de grimper un peu partout, le micro de Fredd s’offre inlassablement des allers-retours dans le public et un nombre presque incalculable d’irruptions dans les premiers rangs (d’ailleurs big-up à la fille qui manquait de se faire couper les pieds par le câble de micro à chaque passage !).

Au son de l’avancée de la prestation et avec l’aide d’un frontman énergiquement virevoltant, le public commence à se laisser aller, se prête au jeu et surtout met en avant qu’il est prêt à remuer comme il se doit le Circus. Ce sentiment étant d’autant plus développé ou corroboré par la fougue des titres choisis par NOISE EMISSION CONTROL. Puisque côté setlist, les N.E.C revisitent leur premier album (« Terminé », « Envie », « Tu t’Affoles »), quelques démos (« Lucie »« Aigri »), bazardent quelques pistes qui sont « nulle part » (« Tour Infernale »)  mais surtout défendent largement leur dernier EP en date, Désordre & Mépris (« Hurlez !!! », « Le Style », « Désordre et Mépris »). Bref, pas besoin de passer par quatre chemins, ce fut une sacrée entrée en matière, et objectivement, THE BUTCHER’S RODEO n’aurait pu rêver mieux, trouver mieux ou choisir mieux que NOISE EMISSION CONTROL pour ouvrir son rodéo lillois.

En fait, au vu de la prestation, résumer N.E.C a un mec à torse-poil s’agitant dans tous les sens, sautillant dans tous les coins et gueulant tout ce qu’il a, serait extrêmement réducteur et surtout faux. Puisqu’en fait dans cette bande de joyeux allumés, il y a aussi un bassiste chauve-barbu-poilu-et-tatoué (un vrai de vrai, comme le Père Noël mais en mieux !), un archer à six cordes qui sue des riffs à rendre ta sœur addicte au headbang et un batteur qui crashe sa cymbale. Alors résumons NOISE EMISSION CONTROL à une grande claque live bien énervée mais définissons encore de manière plus étendue et méritée NOISE EMISSION CONTROL comme un groupe à l’énergie survoltée qui comblera de nombreux tympans furieux. Un excellent groupe !

Setlist :

            1. Cosmic Girl
            2. Hurlez !!!
            3. L’An Pire
            4. Tour Infernale
            5. Aigri
            6. Terminé
            7. 8th Wonder
            8. Envie
            9. Désordre Et Mépris
            10. Le Style
            11. Médiacrite
            12. Tu T’Affoles

La suite approche ! Les amplis sont branchés, les manches empoignés, les bouchers prennent place et la branlée de tripes et de saucisses arrive avec eux. Et ce fut monstrueux bordel ! Mais pour en arriver à ce postulat, revenons quelque peu au commencement, à la tension palpable qui naitra de l’« Intro » qui, pour le coup, sembla interminable. Cette intro qui fit monter la température, qui fit bouillir la salle, qui fit s’impatienter le tympan dans l’attente de décibels et les moshers dans l’attente des premiers riffs cogneurs. Puis après cette accumulation viennent les premiers mots de « Little Death » et après… Et après se pointe l’explosion… Et après se pointe l’explosion, et c’est le bordel ! Toute cette nervosité éclipsée et relâchée, les cinq tarés sur scène se démontent au son de leur musique, le public aussi donne de la nuque et des épaules, et c’est tout le Circus qui se sent libre. Tout le Circus qui se sent vivre, qui se sent exister et qui se sent surtout brutalisé par un boucher furieux. Et la suite n’est pas près de changer la donne, mais cela n’a que très peu d’importance, ce qui compte c’est ce putain de concert !

« On veut voir que des putains de sourire, on veut laisser que des putains de sourires sur vos putains de tronches », ouais ben ce fut mission réussie ! Entre cette mandale sonore qui sert de bande son à cette nuit tant agitée qu’arrosée (St Patrick, trinquons !) et le spectacle visuel qui se dresse sur les planches, on ne sait pas trop qui donne le plus entre l’ouïe et la vue. Entre l’oreille qui s’extasie à chaque décibel ou l’œil aguiché par les gugusses sautant un peu partout, kickant le mur, escaladant le bar ou trop occupés à tenter de se dévisser la nuque à chaque coup de médiator. Des têtes de guignols de Julien à celles de Kwet (et pas couette hein !) imitant le Capt’ain Crochet, de Danse Avec les Stars à Danse Avec Notre Clochard, des passages assez uniques (comme l’énigmatique personnage qui fit son apparition au milieu du pit pour vendre des roses) au changement de caisse claire (partie bien trop tôt vers de meilleurs horizons…), ce concert fut excellent tant du point de vue musical qu’humain (ou animal).

Pour la prestation, on retrouve toute l’énergie du quintet que l’on connait déjà sur ses sorties studios, mais en mieux. On prend les titres les plus efficaces du premier album Backstabbers (« Conundrum », « Redemption Cay », « HMS Hope ») et des EPs (« Eye Of The Storm », « The Funeral Thirst Of A Giant »), on prend les vocales de Vincent et on les entrecoupe des gutturales de ses compères (« Spoiler », « The Devil Of The Wind ») et enfin on mélange le tout avec une furie live incommensurable. Ensuite, on agite le micro dans tous les sens, les cheveux, la nuque et tout le reste du corps également. On gueule à la tronche des fans, on se fait un wall of death ayant pour point d’impact le bassiste de N.E.C (pour son anniversaire !) et on se fait un 2-step avec une couette qui finira sur le bar (euh pardon un Kwet qui finira sur le bar !). On concentre l’énergie, la rage, la violence et la brutalité mais toujours avec une émotion sincère, notamment quand on rend un hommage rageur à ceux qui nous ont quitté beaucoup trop tôt (« Good Fuckin Luck ») ou à un père, lui aussi, parti trop tôt (« HMS Hope »).

Bref, THE BUTCHER’S RODEO en live tout y est : le punch, les bleus, la sueur et surtout le putain de sourire gravé sur ta tronche. C’est à voir et à revoir ! D’ailleurs, pour les âmes et cervicales sensibles, s’abstenir simplement de finir la tête dans un pilier ou le cul dans un escalier, hormis ce léger détail, tout se passera bien c’est promis. En fait, comme le dirait un grand sage « Ouais Backstabbers défouraille vraiment beaucoup, c’est un de mes albums préférés en ce moment. D’ailleurs, je te conseille d’aller voir en live si tu as l’occasion », comme le dirait un autre grand sage « C’est vachement bien THE BUTCHER’S RODEO, le groupe est super carré et pro au niveau de l’image, ils mériteraient de se retrouver au Groezrock Festival », et comme le dirait mon arrière train « Putain c’était génial j’en ai encore mal entre les deux jumelles ! ».

Alors verdict ? Ben c’est vrai, ça vaut le coup et ça va même bien au-delà de ces simples phrases ! Du coup, quand on réunit THE BUTCHER’S RODEO et NOISE EMISSION CONTROL pour la même soirée, ça nous donne deux shows pour deux setlists de treize titres. Et ce chiffre treize sera loin d’être porte-poisse ! Il sera même, pour la peine, plutôt signe de réussite et de sacrées patates dans la gueule. Deux fois treize titres pour deux prestations énergiquement réussies et deux groupes qui ne mâchent ni leur talent ni leur rage. Bref il est minuit, le concert vient de finir, j’en ai pris plein la gueule et les tympans. Tonio vient de dédicacer mon exemplaire de Backstabbers pour sa couille et Vincent vient de faire de même pour un certain Robin (bande de veinards…). Pendant ce temps là, de mon côté, je me dégotte gaiement le nouvel EP de NOISE EMISSION CONTROL, Désordre & Mépris. Quoi qu’il en soit, être en famille avec NOISE EMISSION CONTROL et THE BUTCHER’S RODEO, ça en fout plein le cul. Alors à la prochaine la famille !

Setlist :

            1. Intro
            2. Little Death
            3. Eye Of The Storm
            4. Repent & Honor
            5. Conundrum
            6. The Funeral Thirst Of A Giant
            7. Spoiler
            8. Good Fuckin Luck
            9. HMS Hope
            10. Redemption Cay
            11. The Devil Of The Wind
            12. Losing Heart
            13. My Vengeance

Crédit Photos : Marine Ethuin

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