THE BUTCHER’S RODEO : « Backstabbers »

THE BUTCHER’S RODEO : « Backstabbers »

Genre : Hobocore Saignant / Hardcore Brutalement Dévergondé

Par Romain RICHEZ

« Hobocore qu’est c’est qu’ça ? » Euh un mélange bien secoué entre hardcore, punk et parties mélodiques, et ça dépote sévère ! « Et pourquoi un barbarisme en anglais alors que c’est un groupe français ? » Euh parce qu’en français cela donnerait « SDFcore » ou « vagabondcore » alors laissons le « hobocore » au hobocore ! « Et c’est pas le chanteur d’AqME ? » Euh si et même de Noswad. Mais non, THE BUTCHER’S RODEO n’est pas un AqME ou un Noswad survolté et sur-vitaminé à la testostérone ! En revanche, comme le prouve ce Backstabbers, THE BUTCHER’S RODEO est bel et bien un groupe à part entière, et surtout un groupe à part dans la faune de la scène hexagonale. Alors les comparatifs s’arrêtent là et avec eux les questions à la con!

Plus sérieusement, ce ne sont pas les éloges qui manquent lorsque l’on parle ou entend parler de THE BUTCHER’S RODEO. Ce ne sont pas non plus les patates qui manquent lorsque l’on écoute THE BUTCHER’S RODEO pour la première fois, et ce ne sont pas les triques ou les pieds incommensurables qui manquent lors des écoutes suivantes de cette douce folie qu’est THE BUTCHER’S RODEO. Alors pour rentrer dans le four brûlant de l’engouement autour de ce premier album, aujourd’hui j’essaierai aussi de ne pas manquer d’éloges face à ce disque, parce que les patates, les pieds incommensurables et les triques sont bien présentes. Du coup, comme le suggère sa pochette : en avant pirates, monstres des océans et bateaux qui sombrent. Ou plutôt prends-toi du Hobocore from Paris plein la gueule et plein le cul, ce sera plus efficace et approprié !

Quoi qu’il en soit, avec ce premier album, le quintet a officiellement levé l’ancre et fait couler de l’encre par la même occasion. Pour la jouer simple et rapide mais surtout efficacement (comme ce disque en fait !), après avoir balancé quelques EP (Ghosts In The Weirdest Places contenant notamment les titres « Eye Of The Storm » et « The Mutiny », et Like A Hobo On A Bison avec « Wild Dog America » et « Need To Murder »), les parisiens sur-énergiques de THE BUTCHER’S RODEO reviennent foutre le bordel avec leur debut album, et putain que ça défouraille le cul ! Ou plutôt ce qui serait encore plus exact, est que ce disque commence par mettre les voiles (« Setting Sails ») pour ensuite te défourailler le cul une fois cette piste introductive, pour le moins calme, passée ! Alors oui, bien sûr qu’ensuite ça gueule et pas qu’un peu. Mais on s’en fout ! Toute cette rage fait du bien et révèle une nouvelle part de bestialité à chaque écoute (« Redemption Cay », « Conundrum »). Au fil (du rasoir) de ses douze pistes, ce Backstabbers oscille entre hurlés rageurs et ravageurs, hurlés bourrés d’émotions, vocales cleans rageuses et ravageuses et enfin vocales cleans bourrées d’émotions (« In The Shallows », « Losing Heart », « Nelson’s Folly »). D’ailleurs, Backstabbers ne se limitant pas à donner une violence sans queue ni tête laisse une grande place et la part belle au chant clair, à des parties claires venant sublimer le résultat et étrangement la brutalité même du disque (« Little Death », « HMS Hope »). THE BUTCHER’S RODEO fait également profiter à son Backstabbers de rares moments d’accalmie (« The Journey », « The Devil Of The Wind ») mais uniquement pour mieux faire revenir la tempête après le calme et emporter de nouvelles chaloupes dans les abysses (les exemples parfaits : « The Legacy » suivant « The Journey » ou « Losing Heart » complétant « The Devil Of The Wind »). Concernant les textes, voguant entre des thèmes actuels et des questionnements sur l’Homme, THE BUTCHER’S RODEO veut se poser comme l’exorciseur des fantômes et démons de chaque être humain mais également de la société. Il semble donc, somme toute, logique que ce Backstabbers nous livre des paroles bien vénères, souvent émotives, souvent rageuses mais malheureusement d’actualité (la puissance de « Good Fuckin Luck » et de son « Paris Attacked ! Paris Attacked ! Paris Attacked ! Paris Killed By Cowards ! » est d’ailleurs à souligner, surligner et réécouter !).

Plus généralement, par ce premier album, THE BUTCHER’S RODEO affiche une face bien plus puissamment aboutie et maturément énervée que ces EPs, et cet effort ne lasse pas. Sans jamais s’essouffler, Backstabbers forme un ensemble tant homogène que compact démontrant que les victimes du boucher fou sont nombreuses : ta nuque, tes épaules, tes tympans et une partie de tes lobes cérébraux y passent, mais putain que ça fait un bien fou ! Mais surtout Backstabbers, par ses douze titres, prouve directement qu’il ne reste plus de temps à perdre pour découvrir la musique violente, rapide et aux émotions spontanées d’un Hobo Parisien… Et finalement, c’est aussi simple que cela, cette énergie dévastatrice et ces pistes survoltées sont l’incarnation même de la preuve que l’engouement autour de ce Backstabbers est amplement mérité !

D’ailleurs, on peut largement affirmer sans se tromper que loin d’être un vagabond du son, THE BUTCHER’S RODEO sera le vagabond des scènes que l’on aimera recevoir pour se faire molester la nuque, avec qui on se foutra une sacrée cuite et à cause de qui on se réveillera le lendemain d’un concert plus qu’agité entièrement recouvert de bleus et avec l’arcade encore ensanglantée. En fait c’est précisément ça, avec Backstabbers, le phénomène THE BUTCHER’S RODEO est plus en marche que jamais pour faire trembler des salles, des fosses et des vertèbres ! Alors s’il ne fallait retenir qu’une chose, ce serait le nouveau postulat suivant : « Si t’as jamais vu un hobo sur un bison, vient faire un rodéo avec ton manieur de tripes ou ton découpeur de saucisses préféré, tes oreilles te remercieront ». Sinon, on peut toujours se contenter du plus court mais tout aussi efficace « Oh putain mais quelle branlée ! ». A découvrir également en live, la famille !

Pour les fans de : Dead Cowboy’s Sluts, Every Time I Die, Jodie Faster, Cancer Bats etc.

Tracklist :
  1. Setting Sails
  2. Little Death
  3. Conundrum
  4. Nelson’s Folly
  5. Redemption Cay
  6. HMS Hope
  7. The Journey
  8. The Legacy
  9. In The Shallows
  10. Good Fuckin Luck
  11. The Devil Of The Wind
  12. Losing Heart

 

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