MYRKUR / SOLSTAFIR

MYRKUR / SOLSTAFIR

A Lomme [59] Maison Folie Beaulieu / Dimanche 19 novembre 2017

Par Vincent DEMARET

En ce dimanche soir, j’arrive vers les 19h45 dans cette Maison Folie Beaulieu, salle dans laquelle je n’ai encore jamais mis les pieds. La salle porte bien son nom : elle est sacrément accueillante. Le petit bar près de l’entrée qui va bien, une jauge et un volume à taille humaine, un joli parquet donnant une touche de chaleur ; bref cette soirée commence bien.

Je rate le premier groupe, mais arrive à temps pour voir le second qui accompagne SOLSTAFIR sur cette tournée européenne : MYRKUR. Je ne connais ce groupe que via les quelques extraits que j’ai pu écouter et les retours de webzines. Le groupe déploie un metal assez soft, aux relents par moment black, avec une chanteuse à la voix cristalline. La chanteuse et compositrice du groupe, Amalie Bruun, semble toute frêle, mais se métamorphose ponctuellement en nymphette possédée (veinard ce démon…). Sa maîtrise vocale est assez impressionnante, et certaines ambiances ou mélodies me rappellent, dans un autre registre, Loreena McKennitt. Cependant, la musique de MYRKUR manque d’agressivité à mon goût, et mériterait plus régulièrement des passages pleinement black metal. Une bonne partie du public semble connaître les morceaux et s’avère réceptif. La danoise quitte la scène avec classe après un morceau interprété seule.

Au tour de SOLSTAFIR de prendre possession des lieux. Le groupe entame son set avec le premier morceau du nouvel album Berdreyminn : « Silfur-Refur ». Le son est excellent et Francis est, de suite, très en voix. Je ne sais pas vous, mais moi qui suis un gros flemmard, je n’ai pas envie de m’enquiller X fois le nom à coucher dehors du frontman de SOLSTAFIR (Aðalbjörn « Addi » Tryggvason pour ceux qui veulent briller au repas de Noël chez Tonton Bernard). Je le re-baptiserai ainsi « Francis » pour ce report. Francis, donc, me bluffe de suite avec sa voix, et ne sera pas une seule fois pris en défaut. Le second guitariste du groupe donne l’impression de tirer la gueule, mais bon, c’est peut être juste son allure habituelle. Les lumières sont simples, mais, avec une dizaine de petites ampoules à incandescence réparties sur la scène, une douce ambiance « bougies » s’y diffuse. « Ísafold » et « Hula », du dernier album, sont magistralement exécutés. Les morceaux sont à chaque fois une lente et puissante montée. Un morceau comme « Otta » me semble toujours un poil fade quand j’écoute la version album, mais ce soir, la version live est un peu étirée et l’ambiance n’en est que plus planante. Les premières notes de « Fjara » résonnent, et des « aaahh » s’élèvent dans la salle : le groupe joue SON tube. Il faut bien avouer que SOLSTAFIR, et surtout Francis, m’ont filé des frissons en jouant ce titre. Viens ensuite le moment où j’ai eu l’impression d’être con comme un balai (« en moins poilu et plus épais ») : Francis nous cause anglais avec son accent islandais bien gras… pour vous donner une idée, c’est un peu comme quand Jean Lassalle parle français dans un débat télévisé : tu écoutes son laïus, t’es pas certain d’en avoir parfaitement saisi le sens, mais tu conclues que t’as dû à peu près comprendre le propos. J’ai donc compris que SOLSTAFIR allait jouer un titre jamais joué, un vieux titre, hardcore,…….mais non, le groupe termine son concert sur le classique « Goddess Of The Ages »… Est-ce Francis qui racontait n’imp’, ou sont-ce mes capacités de compréhension qui sombrent à l’approche de la quarantaine ? Deviendrais-je un vieux con ? Pas certain de vouloir connaître la réponse à cette question. Au final, j’ai bien apprécié ce concert, et retournerais volontiers voir SOLSTAFIR sur scène. Mon seul bémol pour cette prestation : ils n’ont pas joué « Svartir Sandar » ! Un scandale, une honte de ne pas jouer MON titre préféré.

A vous Cognacq-Jay !

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