MONOLORD à la Malterie

MONOLORD Warm up Rock in Bourlon

16 mai 2017, La Malterie, Lille

Par Vincent DEMARET / photos PiDZ

Monolord © Pidz

Cette soirée de mai est chaude et propice à la dégustation de boisson houblonnée bercée de vibrations grasses. Cela tombe bien car la Malterie accueille une soirée doom dans le cadre du « Warm up » du Rock in Bourlon. On est des dingues dans le Nord, on s’échauffe avant les festoches alors qu’il fait bien moite dehors, et que le taux d’humidité dépassera les 127% dans la salle au cours de la soirée…la forêt vierge guyanaise à la saison des pluies, à côté, mais laissez-moi rire !

Pour en revenir au son, ce sont les lillois de SUNSTARE qui ouvrent avec un doom bien pesant. La musique du groupe est assez dissonante, lourde avec des parties vocales hurlées dans un style assez hardcore. Des motifs  joués à la basse donnent une couleur ou une ambiance intéressante à certains morceaux. Le groupe est impliqué, ne fait pas semblant, et assure parfaitement sa mission : ouvrir l’appétit pour le plat principal : MONOLORD.

Les suédois sont en tournée européenne entre la Suède, le Danemark, la Belgique, la France ou le Royaume Unis. Après un arrêt Gantois, les voilà chez nous, dans une Malterie relativement remplie. De suite, le son est à la hauteur de ce qu’on peut exiger d’un groupe de cette trempe : massif, lourd et sale. C’est parti pour une heure de musique de bûcherons sous acides. Le groupe attaque avec un «We Will Burn» qui porte bien son nom car la température se fait déjà chaude dans la salle. Les nuques s’agitent et ce d’autant plus avec le riff jouissif qui constitue la deuxième partie du morceau. Que c’est bon !

Monolord © Pidz

L’assistance est hypnotisée, anesthésiée par ce mur sonore indestructible. Les mecs du groupe sont en forme et suent aussi – y’a pas de raison (ils suent mais s’en foutent ! M. Manhattan serait fier). «Cursing The One» nous maudit pour 10 générations, le chant est vaporeux, lointain et envoûtant au point que ça en fout les pétoches. Ce serait la bande-son parfaite pour une initiation à diverses sciences occultes comme la divination, la communication avec les morts ou la gestion d’actifs bancaires. On enchaîne avec le très sabbathien «Lord Of Suffering», et bordel, qu’il fait chaud….toujours plus chaud et humide. Le set se termine avec un «Empress Rising» grandiose. La transe rôde parmi le public, parfois avec l’aide de l’éthanol et du THC, mais elle en attrape aussi certain en dépit de leur hygiénisme pathologique. Impressionnant.
La musique de MONOLORD, c’est un peu comme les poissons-lanterne des abysses. Vous savez, ces poiscailles avec une tronche à jouer dans «Piranhas 2», qui attirent leurs proies avec une petite lanterne luisant dans les ténèbres des profondeurs. Leur musique, c’est pareil. Vous baignez dans un son noir, oppressant, mais il y a une petite lueur apaisante, cette voix qui vous attire irrésistiblement. Je parlais de ce groupe comme du plat de résistance tout à l’heure, mais en fait j’étais dans l’erreur : à la fin, ce sont eux qui vous bouffent !

A vous Cognacq-Jay !

Setlist :
We will burn
Vaenir
Audhumbla
Cursing the one
Lord of Suffering
Empress Rising

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