MANTAR au Baroeg [NL]

MANTAR

Rotterdam – Baroeg – 07 avril 2017

par Vincent DEMARET

Après une joyeuse traversée des embouteillages Anversois, j’arrive à Rotterdam dans cette petite salle prénommée «Baroeg ». On est clairement dans un club, la jauge doit être au mieux de 200 personnes, et ce soir, nous sommes tout au plus une cinquantaine à nous être déplacés. La scène s’élève à environ  70 cm de haut, pas de barrières, on est prêt, très prêt des musiciens. Ça fait un bail que je n’ai pas vu de concert avec cette proximité, et c’est vraaaaaaiiiiiment sympa.

DEATHRITE, groupe allemand axé death metal qui fait peur à ta mère, a la charge d’ouvrir pour les “Bremer”. Le son est assez brouillon, mais on peut quand même percevoir l’efficacité des compos. Ça accélère régulièrement, et quand le groupe nous la fait version lente, le son pèse des tonnes. Le style de ce groupe est assez similaire à ce que proposent des groupes comme Black Breath ou Entombed. Je ne trouve pas leur musique transcendante, mais elle fait parfaitement le boulot d’amuse-bouche.

Il est l’heure maintenant pour MANTAR d’installer son matos. Les deux gus, qui auparavant buvaient leurs bières parmi les spectateurs pendant le set d’ouverture, s’attèlent au montage. Et ce montage n’est pas une mince affaire, notamment pour Hanno le guitariste/chanteur qui se balade avec rien de moins que trois énormes amplis. Je ne sais pas comment il a fait son compte, mais il joue sur deux amplis guitare et un ampli basse. Il branche là-dedans une guitare accordée très bas, en passant en chemin dans un bel enchaînement de pédales d’effet. J’adore le son de ce mec sur leur dernier album Ode To The Flame (cf. chronique ILLICO!#18), et je comprends maintenant pourquoi c’est si gras.

Quelques chandeliers allumés sur les amplis pour l’ambiance et l’esthétique, et c’est parti pour une heure de musique à la croisée du stoner, du black, du sludge et du punk. Les gaillards sont déchaînés, Hanno est arc-bouté sur sa gratte pour en sortir un maximum, et Erinc tape sur ses fûts comme un possédé. Les premiers titres de ce concert, issus de leur excellent premier album « Death By Burning », sont très marqués stoner, mais la voix écorchée de Hanno leur file toujours ce côté glauque en plus. Ils enchaînent ensuite avec un de mes titres préférés : « Praise The Plague ». Le morceau, et surtout son riff de break, est encore plus efficace sur scène : simple, lourd et groovy. La salle se brise les cervicales dessus comme les lames viennent s’exploser sur le Créac’h lors d’une tempête hivernale.

« Cross the cross », et « Era Borealis » sont interprétés. La voix aurait mérité d’être un peu plus en avant dans le mix sur un titre comme « Era Borealis » dont le refrain vous rentre dans la caboche pour ne plus en ressortir. Le duo nous sort ensuite l’envoûtant « Astral Kannibal », un titre au feeling très rock, avec ce son toujours aussi sale et gras – un régal (je sais, quand c’est sale et gras, c’est toujours un régal… bande de pervers pépères !). Le set arrive à sa fin avec le grandiloquent « White Nights ». Ce titre est dans la même veine qu’un titre comme « Schwanenstein » ou « The hint » sur le dernier album: il transpire la noirceur, la puissance et l’aliénation. Un titre cathartique par excellence.

Ce fut un bon concert dans une ambiance que je n’avais pas vécue depuis un bout de temps. Une éventuelle critique que je ferais à ce concert concerne sa durée : avec à peine 1 heure au compteur, c’est léger pour un tandem aussi talentueux. J’aurais aimé entendre un peu plus de titres de leur dernier méfait, ce qui aurait abouti à une durée de concert plus acceptable. Ceci dit, ces germains sont à suivre… et surtout à écouter !

A vous Cognacq-Jay !
Setlist

  1. Cult Witness
  2. Spit
  3. The Huntsmen
  4. Praise the Plague
  5. Cross the Cross
  6. Era Borealis
  7. Astral Kannibal
  8. (Sample from Schwanenstein)
  9. Sundowning
  10. White Nights

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