« L’Interview De » MAXIME GINOLIN

« L’Interview De » MAXIME GINOLIN

Par Romain RICHEZ

Artiste accompli, Maxime GINOLIN revient avec un nouveau clip, mais surtout avec un nouvel album à qui il donnera une forme visuelle en plus d’une visée musicale. Préparez-vous donc à une escapade (presque) Walking Dead, et même s’il ne fait peut-être plus Walking Dead à Bastille (comprendra qui pourra), il fera assurément « Zombie’s World » et Evolution Or Extinction dans ton mp3. Bref, après AqME, Tagada Jones, Unswabbed, Wild Primate et j’en passe, MAXIME GINOLIN prend le contrôle de « L’Interview De » (ou « L’Interview D’ » selon les jours) pour exposer sa vision du monde et de la musique. Une interview sous fond de zombies, de Rock, de zombies, d’activisme, de zombies, d’actualités (et d’un poil d’album)…

Salut Maxime ! Tout d’abord, pour la traditionnelle question de début d’interview, pourrais-tu te présenter toi et ton projet à nos lecteurs ?

Bonjour à toutes et à tous ! Alors pour ma part, disons que j’ai eu un parcours assez atypique. Je suis titulaire d’un diplôme de réalisateur / metteur en scène, mais je travaille le plus souvent en tant qu’auteur, compositeur-interprète et acteur. Je développe actuellement mon second album musical, Evolution Or Extinction dont « Zombie’s World » est le premier extrait. Pour une courte présentation de cet album, disons que ce projet est à la fois une aventure musicale mais également cinématographique.

Après la question traditionnelle, la question « pas trop recherchée » : comment décrire ta musique ? Comme du Rock déjanté et déluré ?

En effet, il y a de ça ! Pour être plus complet, dans les dix-sept titres de ce nouvel album, je reviens à mes racines grunge, punk et bien sûr Rock. Toutefois, beaucoup de titres d’Evolution Or Extinction mélangent de la musique de film ainsi que des influences tribales voire des sonorités « mystiques ». Le tout forme un mélange assez atypique.

Pourquoi avoir choisi de produire ta musique sous ton patronyme et non sous le nom d’un groupe ?

Tout simplement car, à la base, il s’agit d’un projet solo. De plus, c’est un projet qui ne s’arrête pas à la musique. En ce sens, j’aime créer l’intégralité de mes univers aussi bien au niveau visuel que sonore. En plus du son, le projet « Maxime GINOLIN » comporte donc tout le travail de réalisation et de créations visuelles pouvant graviter autour du son et de l’univers musical. Mais quoi qu’il en soit, même s’il s’agit d’un projet solo, il va de soit que je ne suis pas seul sur scène. J’ai donc l’immense chance d’être accompagné de trois musiciens extraordinaires qui sont devenus ma famille. Pour les nommer, il s’agit de John Helfy à la batterie, Angélique Blanchet à la basse et Christophe Olivera à la guitare. Ils m’ont tout de suite fait confiance et me laissent l’entière liberté dont j’ai besoin pour mener à bien mon projet. Sans eux, ce projet ne serait rien ! C’est donc pour cette raison, pour être reconnaissant envers ce qu’ils font que la sortie de mon nouvel album, Evolution Or Extinction, se fera sous un nom de scène plus adapté à mon projet. Ainsi celui-ci ne sortira pas sous le nom de « Maxime GINOLIN » mais de « MAX RAGE ».

Pour entrer directement dans le vif de notre sujet, tu as récemment dévoilé le clip « Zombie’s World ». Doit-on y voir la naissance d’un nouveau projet ou la continuité de ce que tu as déjà pu produire ?

« Zombie’s World » est issu de mon nouvel album, Evolution Or Extinction. Celui-ci va dans la continuité de mon premier album, Human Or Human. La tournure de ce prochain bébé est donc un questionnement de notre espèce sur ses actes et son devenir. Une nouvelle fois, je me suis attelé à utiliser l’art comme un outil de dénonciation.

Comme tu viens de l’annoncer, « Zombie’s World » n’est pas ton coup d’essai. Par le passé, tu as pu réaliser des clips et titres comme « Gaia », « Before I Die » et j’en passe. Cependant, « Zombie’s World » parait assez éloigné de ces autres morceaux. Une explication ?

C’est parfaitement exact ! J’aime mon premier album, mais malheureusement à l’époque, la plupart des chansons ont été enregistrées dans mon salon avec mon ancien colocataire, enregistrées donc sans mastering. De plus, la majorité des instruments utilisés étaient issus de mon synthé (un Fantom G8 Roland pour être précis) et non de véritables instruments, ce qui fait que le son était parfois assez « soft ». Ce sont des petites choses que je regrette au final, car cet album aurait dû être bien plus incisif musicalement et plus proche du second que ce qu’il a pu être. Toutefois, Human Or Human a été fait avec les moyens de l’époque et il représente une partie de ma vie. Pour cette raison, il sera toujours important pour moi !

Pour en revenir à « Zombie’s World », peux-tu nous éclairer sur ce choix artistique, sa conception et sa réalisation ?

Pour le choix artistique et l’inspiration, disons que j’ai toujours été fan du film Le Jour des Morts Vivants et du travail de Romero en général, notamment pour son utilisation des zombies comme outil de critique et de réflexion sur notre condition humaine ou nos sociétés. A côté de cela, étant nostalgique de mon enfance, j’ai voulu apporter une ambiance et un grain très 90’s, ambiance couplée avec un humour corrosif, gras et gore. A ce titre, certains films comme Le Retour des Morts-Vivants 3, Atomic College ou encore Street Trash m’ont beaucoup inspiré.
Pour la conception et la réalisation, ce clip a été réalisé en collaboration avec Hugo Grenier, un très bon ami réalisateur avec qui j’ai fait mes études. Pour être précis, le clip a nécessité trois semaines de préparation, quatre jours de tournage, une bonne semaine de montage et deux jours de post-production. (rires)
S’agissant de l’équipe, notamment pour les prothèses en latex et les maquillages, j’ai collaboré avec Jérémy Guerdat, un make-up artist avec qui je travaille depuis plus de six ans. Jérémy est une personne de grand talent, mais c’est aussi un de mes meilleurs amis. Le clip s’est également réalisé en collaboration avec quatre autres make-up artist talentueuses, à savoir Samantha Navarro, Océane Lathuillere, Marine Jakubowski et Noémie Vargas. Il est toujours difficile de citer tout le monde, mais sans ces incroyables personnes, le clip de « Zombie’s World » n’aurait jamais pu voir le jour. Concernant le tournage, celui-ci s’est déroulé dans une super ambiance avec une équipe plus que motivée. J’en garde un excellent souvenir !

Pour rentrer dans le vif de « Zombie’s World », je me trompe ou plus loin que son humour gras et décalé, ce dernier pose une vraie réflexion sur nos sociétés « modernes » ?

Absolument ! Ce monde de zombies est tout simplement une métaphore de notre société moderne ravagée par la corruption politique, la « mal bouffe », la destruction de l’environnement et l’extinction de l’esprit critique que certains politiciens, médias de masse ou religions n’ont aucun intérêt à voir se développer. Plus généralement disons que le choix de ce monde de zombies renvoie à l’image d’une société humaine se nourrissant des cadavres qu’on lui laisse et s’abreuvant du discours haineux de « prêcheurs » très dangereux des temps modernes, que ces derniers soient politiques ou religieux.

En parlant de zombies, quelque part, « Zombie’s World » n’est pas sans rappeler Walking Dead

Même si je suis un très grand fan de Walking Dead, pour le coup, hormis les zombies, je ne m’en suis pas inspiré. Tout simplement car je trouve que Walking Dead est très fin psychologiquement et traite beaucoup de l’aspect « survie dans un monde post-apocalyptique » alors que « Zombie’s World » est une société inversée où les zombies règnent, produisent et consomment comme nos congénères aujourd’hui.

Ton Trump zombie a de la gueule ! Mais penses-tu qu’il est plus déluré et roublard que le vrai Trump ? D’ailleurs, que penses-tu du Donald qui dort à la Maison Blanche ?

J’ai l’intime conviction que le vrai Trump est potentiellement plus roublard que ma version, ça c’est certain ! Pour ma version, j’ai insisté sur l’aspect « je m’en foutiste » et « troll » du vrai Trump. Quand j’ai commencé à étudier ses mimiques, je me suis rendu compte qu’en les reproduisant, il fallait surtout que j’aille chercher en moi et que je m’approprie un état d’esprit, une mentalité dans laquelle je me moque de tout et de tout le monde. Et ce, tout en gardant un sourire provoquant qui veut dire « c’est moi le big-boss, j’ai raison et vous avez tous tort bande de minables ». Pour tout t’avouer, pour me mettre dans sa peau, et ce n’est pas une blague, je n’avais que trois choses : « I don’t give a fuck », « I’m the best » et « fuck you ». (rires) Pour en revenir au vrai Trump qui occupe la Maison Blanche, pour être franc, je pense que cet homme représente un immense danger pour notre espèce, que ce soit au niveau de la santé publique, de l’environnement, de la science et de la « paix » dans le monde. Il est aujourd’hui l’étendard d’une ultra-droite américaine évangéliste-conservatrice-homophobe-anti IVG-créationniste-climato sceptique et j’en passe. Sans parler de ses propos et mesures envers les personnes transgenres de ces dernières semaines qui sont tout simplement à vomir…

Comme un Donald peut en cacher un autre, une célèbre ligne de fastfood se voit également zombifiée. Que doit-on en déduire, que tu es contre ce genre de licence ou que simplement tu as du mal à garder la ligne ?

Pour « Zombie’s World », nous avons en effet créé une fausse marque de fast-food, ZomburgeR. Du coup, je te sers des Zombifrites ? (rires)
Plus sérieusement, c’est une critique, mais surtout une double critique. Comme tu l’as souligné, je m’attaque aux problèmes des aliments toujours plus transformés, salés et sucrés des fast-foods qui sont une catastrophe de santé publique. Mais je m’attaque aussi à la vente en masse de cadavres d’animaux. Personnellement, je suis vegan depuis plus de sept ans et je fus l’un des premiers artistes français à attirer l’attention du public sur la cause animale. J’ai notamment critiqué le massacre de masse perpétré sur les animaux par mon film Le Jugement il y a quatre ans. Je suis très content que tu me parle justement de cette caricature de fast-food, car ce massacre des animaux est un sujet qui me tient terriblement à cœur et que je dénonce dans beaucoup de mes productions, que ce soit musicales ou visuelles. Mais malheureusement, ce massacre continue de se perpétrer à chaque seconde…

Pour rester dans le thème du massacre et de la bouffe. Pourrait-on savoir ce que dicte la « Zombible » du prêtre zombie servant de la chair fraiche à dévorer à ses fidèles ?

Alors le titre complet de cette œuvre est « Zombible – The Story Of Zesus », Zesus étant la version zombifiée de Jésus, évidemment !
Les zombies de mon clip se retrouvent donc à la messe pour prier, écouter le prêtre mais aussi, comme les adorateurs de Jésus, pour manger le corps du Christ. Disons donc que dans le clip, le corps du Christ est mangé par les fidèles au sens propre comme au figuré…
De plus, on peut également voir deux zombies se faire baptiser dans le sang d’un innocent dévoré. Par là, je souhaitais faire la métaphore de tout le sang qu’a pu faire couleur le christianisme pendant des centaines d’années.
Au-delà des deux autres religions monothéistes, pour lesquelles j’ai la même aversion, le christianisme a cela de dangereux qu’il peut vous faire rejeter, discriminer ou tuer quelqu’un par « amour » du Christ. Comme je ne sors pas cela de ma petite science, je me permets de te citer quelques versets issus de la Bible, plus précisément des écrits de Matthieu. Donc Matthieu, Chapitre 10, versets 34 à 39 : « 34. Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. 35. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; 36. Et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. 37. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; 38. Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. 39. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera ».
Tout cela pour dire que la majorité des croyants n’ont jamais lu leurs livres sacrés, ou comme je préfère les appeler les « sacrés livres », donc ils croient que ces livres prônent l’amour universel, la paix et la tolérance. Alors que le dieu qui y est décrit est un être violent, jaloux, revanchard, misogyne, homophobe et sexiste qui n’hésite pas à être un tueur de masse, j’en prends pour témoins la destruction de Sodome ou de Gomorrhe par exemple. Le mythe du Christ a tellement été culpabilisant pour les croyant(e)s qui restent persuadé(e)s que leur divinité est morte pour leurs pêchés. Alors qu’au final, ce sont les pêchés qu’il a lui-même créé…
Pour ces raisons et pour d’autres, j’ai l’intime conviction que les religions sont l’un des plus grands dangers pour l’évolution de notre espèce.

Pour l’arrestation des activistes zombies pro-humains, doit-on y voir que la race humaine est une cause perdue qu’il vaut mieux laisser s’autodétruire ?

A vrai dire, c’est même l’inverse. Les activistes « pro-humains » sont là pour montrer que des gens continuent à se battre pour sauver notre espèce, et donc par conséquent que l’espoir existe toujours. Mais d’un autre côté, cette scène est aussi là pour dénoncer la violence policière faite parfois aux activistes, violence dont beaucoup de mes amis ou amies voire moi-même avons déjà pu faire les frais.

Bon par contre, quelle réflexion se cache derrière le striptease ? Parce que là honnêtement je sèche… Ou alors le striptease c’était pour le plaisir des yeux ?

Plus que pour le plaisir des yeux, avec cette scène, je voulais montrer l’aspect malsain qui peut se dégager de certains clients de boîtes de strip-tease, clients qui ne voient plus un être humain en face d’eux, mais un objet, une chose, un produit de consommation. D’ailleurs, comme je ne voulais pas « objectifier » le corps d’une femme pour ce rôle et que je voulais « troller » les hommes qui allaient regarder le clip, j’y interprète la strip-teaseuse. Ce sont donc mes fesses que vous voyez ! Alors, elles sont toujours aussi belles et attirantes ces fesses ?! (rires)

Fesses à part, quelles sont tes aspirations et tes attentes avec ce nouveau clip ?

Comme depuis mes débuts, j’ai toujours cette volonté de dénoncer par les arts musicaux et cinématographiques. Par « Zombie’s World », je cherchais à toujours un public amateur de Rock et de films d’horreur. Mon but est à la fois de divertir tout en faisant passer des messages sur l’état de notre société, société qui est très loin d’être aguicheuse désormais…

Pour nous rendre le sourire, voici la question « gros boulard » du jour : de combien de temps as-tu besoin pour conquérir l’Hexagone avec ce « Zombie’s World » puis pour zombifier la scène Rock ?

Et bien à vrai dire, je n’ai pas encore calculé précisément la réponse à cette question ! Tout ce que je peux te dire c’est que je commence une toute nouvelle collaboration avec Zed Agency qui va se charger de l’organisation de tournées. De son côté, le clip de « Zombie’s World » tourne plutôt super bien et devrait normalement passer sur MyMTV. Donc, nous espérons que le clip et les shows vont rendre l’infection « virale » !

Après la question « gros boulard », la question « bateau » du jour : le clip « Zombie’s World » commence par quelques images d’un groupe (zombie) jouant dans une cave, visiblement un club-concert. Ce n’est pas un peu kitsch, cliché voire vu et revu pour un clip ?

C’est clairement un cliché et c’était le but ! Comme je voulais un clip « rock », j’ai justement voulu utiliser ce cliché pour le convertir à la mode zombie, et notamment avec un public zombie. Ce qui, je pense, n’a jamais été vu pour le coup ! J’en suis même sûr, personnellement je n’ai jamais vu de zombies qui picolent et pogottent à un concert de rock… (rires)

D’ailleurs, c’est un boyau qui est accroché à ton micro ? Ça fait quoi de chanter dans un boyau ?

Le mec à qui je l’ai arraché avait un mauvais transit intestinal, alors disons que ça l’a libéré ! Plus sérieusement, c’est un boyau en texture. D’ailleurs, content que tu le relève, car j’ai adoré l’idée et je pense continuer de l’utiliser pour certains de mes shows.

Plus sérieusement, pour amorcer la fin de ce jeu des questions-réponses, que penses-tu de la scène Rock actuelle ?

Personnellement, je ne maîtrise pas le sujet. J’ai surtout l’impression que les jeunes artistes Rock se meurent en France et que rien n’est fait pour faciliter leur ascension. Mais pour être franc, j’écoute très peu de groupes « récents », je reste plutôt dans mes « classiques » tout en découvrant surtout beaucoup d’autres styles pour nourrir et hybrider mes racines grunge.

Sachant qu’ILLICO est un magazine principalement basé dans les Hauts-de-France, pourra-t-on bientôt te découvrir par chez nous ?

Pour l’heure, nous n’avons encore aucune date dans ce coin, mais je peux t’assurer que nous y travaillons. Ce serait un immense plaisir de venir me produire par chez vous !

Pour clôturer cette interview, la tradition veut que je te laisse le dernier mot…

Et bien je vais me contenter d’un merci beaucoup Romain et de mes meilleures salutations à tous les lecteurs et lectrices d’ILLICO! !

Et bien en attendant le saint zombie sauveur qui nous épargnerait de cette société ravagée et ravageuse, MAXIME GINOLIN maîtrise sa musique et nous dresse une belle satire de notre monde par « Zombie’s World ». Pour la suite, pas de panique, pas d’invasions de zombies en vue, juste un Evolution Or Extinction qui s’annonce à l’horizon et avec lui tout un lot de réflexion, de coups de griffes, de coups de gueules (de zombies hein !) mais surtout de Rock. Quoi qu’il en soit, MAXIME GINOLIN est un artiste engagé, persuadé par la force de son art et surtout décidé à changer bien des choses et des mentalités. La suite au prochain clip et à la prochaine lutte camarades !

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