«L’Interview D’» AqME

«L’Interview D’» AqME

Par Romain RICHEZ

Il y a quelques temps c’était au tour d’AqME, et plus précisément au tour de son leader de se confier à ILLICO! et de nous en dire plus sur son actualité. C’était donc lors d’une entrevue, une nouvelle fois très sympathique, avec Vincent Peignart-Mancini, qui pour mémoire, avait remplacé au pied de la lettre Thomas Thirrion après son départ, que le frontman de l’un des quartets les plus électriquement énergique de la scène hexagonale actuelle nous parle d’AqME, des quinze ans de Sombres Efforts, du prochain album et encore d’AqME. Bref, AqME était au rendez-vous pour une interview spéciale AqME, et c’était s’AqME’ént bon !

Tout d’abord, ça fait quoi d’être un AqME ?

Vincent Peignart-Mancini : C’est cool, hein ! (rires) Cela va faire six ans au mois de janvier, c’est super cool. Ce groupe m’a apporté énormément de choses, que ce soit professionnellement parlant, musicalement parlant, mais surtout en amitiés ! C’est, pour l’instant, cinq ans de bonheur. En fait, AqME c’est comme un couple : on s’aime, on s’engueule, on se fâche, on se réconcilie et la roue avance comme cela.

En fait, AqME c’est une opportunité de carrière, car The Butcher’s Rodeo et Noswad… (rires)

Ouais voilà, clairement ! Pour ne rien te cacher, je gagne plus d’un milliard de dollars par mois et je ne sais plus quoi en faire (rires).

Et bien continuons dans nos conneries et poursuivons avec la question « gros boulard » du jour, le néo et l’alternatif français ne sont pas morts grâce à AqME ?

Alors est-ce que AqME est encore néo aujourd’hui ? Je n’en sais rien… Qu’est-ce que c’est le néo aujourd’hui ? J’en sais rien non plus… Mais AqME se porte bien, AqME est bien dans ses petits chaussons, AqME est content de sa musique, content de ce qu’il fait. Alors on peut dire qu’AqME est très optimiste ! (rires)

Parlons du nouvel album, celui-ci est prévu pour le 22 Septembre…

C’est un album assez spécial, nous avons tout d’abord choisi de ne pas lui donner de nom (rires). Plus sérieusement, ce sera un album éponyme, le premier d’AqME. Nous avons choisi un artwork qui est une photo, un portrait d’AqME. Un artwork où le concept c’est : les membres d’AqME devant. Un artwork comme un album où nous ne nous cachons pas derrière un nom, nous n’essayons pas d’interpréter un nom. Cet album c’est AqME, et ce sera AqME de A à Z. Et cela, que ce soit par la pochette, le nom d’album ou bien évidemment le son ! Bref, même s’il y a eu des changements de line-up, AqME fait toujours du AqME. Quoi qu’il en soit, la production est toujours signée Magnus Lindberg. Les prises studios ont été réalisées par Etienne (NDR : comme sur Dévisager Dieu), mais cette fois il s’est également occupé du mixage. Le mastering a été laissé à Magnus qui est capable de sublimer n’importe quel album, son boulot est vraiment parfait !

Trois ans après Dévisager Dieu par lequel, finalement, tu faisais ton « entrée » dans AqME, que peut-on attendre sur ce nouvel album ?

Je pense que cet album est une vraie affirmation de ce qu’est AqME, de ce qu’AqME est aujourd’hui : quatre personnes qui font de la musique ensemble et qui respirent ensemble. Quatre personnes qui se connaissent tellement qu’ils n’ont plus besoin de parler ensemble pour transmettre des émotions par leur musique. AqME est un aboutissement. Là où Dévisager Dieu était encore une espèce de transition, comme l’EP l’ayant précédé (Les Sentiers de l’Aube en 2013), ce prochain album est un peu notre premier « vrai » album ensemble. Je dirai que cet album est un condensé de tout ce qu’AqME a pu faire depuis dix-sept ans. Certes sans Thomas, mais en ayant appréhendé les morceaux d’avant, en les ayant joué, il y a désormais une certaine sensibilité que je ressens dans mon chant, sensibilité que Dévisager Dieu n’avait pas. Je pense que les gens ne m’auront jamais entendu chanter de la sorte. Il y a de véritables OVNIs dans cet album, il y a des trucs à la « Je Suis » voire très mélodieux avec des tonnes d’arpèges, notamment la fin de l’album. Bref, cet opus, AqME, c’est l’album d’AqME !

Face au reste de la discographie, où classerais-tu cet éponyme ?

Je pense qu’il se situe entre Sombres Efforts (sorti en 2002) et Hérésie (sorti en 2008). Avec AqME, nous revenons sur un son plus chanté, plus mélodique même s’il y a du bon gueulé et des émotions. Nous ne sommes pas l’extrême comme sur Epithète, Dominion, Epitaphe (sorti en 2012), nous ne sommes pas non plus dans l’entre deux comme sur En l’Honneur de Jupiter (sorti en 2009) ou Dévisager Dieu (sorti en 2014). Nous sommes donc vraiment sur les premiers albums. Nous avons fait ce son, cet album, sans vraiment réfléchir, tout est venu très instinctivement. « Tant Années » est d’ailleurs un choix très illustratif de l’album. Avant, il y avait du chanté ou du crié, et désormais il y a toujours les deux, nous naviguons entre les deux, sur le fil. De plus, nous allons vraiment faire de la vidéo autour de cet album, nous avons sorti un premier clip, et d’autres arrivent dans la foulée.

D’ailleurs au niveau nombre de pistes, que va donner ce AqME ?

C’est un album qui comprend douze pistes, mais il y aura certainement une piste inédite qui sortira après la release de l’album. Douze titres pour entre cinquante et cinquante-cinq minutes de son. C’est un gros album, nous allons avoir du mal à le sortir en vinyle celui-là ! (rires)

Pour continuer dans l’approche du son, est-ce que la tournée anniversaire de Sombres Efforts a pu influencer la tournure du prochain album ?

Pas vraiment puisque nous avons fini de composer l’album à la rentrée dernière donc en début Septembre 2016. Puis, nous sommes rentrés en studio en octobre, début novembre. Nous avons donc fini l’album avant que cette idée de réédition émerge, celui-ci devant sortir initialement en avril. Par la suite, nous avons donc repoussé la sortie de l’album au 22 Septembre quand nous avons eu cette idée de réédition pour les quinze ans de Sombres Efforts. Donc de manière très coïncidente peut être que cela a pu avoir un effet sur cet album, mais pas de manière voulue ou programmée en tout cas.

Un premier clip, « Tant d’Années », a vu le jour pour teaser cet album éponyme. Pourquoi le choix de ce titre en particulier ?

Pour nous clairement, c’est un des morceaux les plus « AqME » de l’album, un des morceaux susceptibles de parler le plus aux gens. Nous n’avons pas voulu faire d’erreur de casting en prenant des choses innovantes, nous avions envie d’attirer et de « garder » l’oreille du public avec ce premier single, alors « Tant d’Années » était une évidence. En revanche, pour la suite, nous sommes encore hésitants sur le clip qui suivra le second morceau que nous avons dévoilé, « Refuser Le Silence ». Est-ce que nous ferons un morceau toujours très AqME mais moins facile d’écoute ou un morceau qui tabasse ? Nous verrons… Quoi qu’il en soit, « Tant d’Années » en premier morceau dévoilé était une évidence.

Tout comme Dévisager Dieu, la sortie d’AqME est prévue pour l’automne. Alors coïncidence ou complot ?

Et bien écoute… (rires) Pas de complot au programme… Comme je t’en parlais toute à l’heure, à la base nous devions sortir cet album en avril puis nous avons décidé de nous donner plus de temps pour le préparer. Même si à la fin on se retrouve comme des cons à être pressés (rires).

Pour la question « bateau » du jour : dans toute la discographie d’AqME, quel est l’album le plus marquant pour toi ?

Alors déjà je passe les deux et demi que j’ai fais, puisque ce ne serait pas objectif du tout ! (rires) En revanche, j’ai un passé, une histoire avec Epithète, Dominion, Epitaphe, car c’est sur cet album que j’ai été recruté. Quand on m’a appelé pour me faire comprendre qu’on voulait m’essayer, quand j’ai écouté l’album j’ai fais « oh putain maman j’ai peur ». (rires) C’est un album hyper chaud notamment au niveau de la voix, c’est un album qui m’a marqué d’AqME même si je pense que c’est un des albums les moins écoutés. Après évidemment, j’ai grandi au son de Sombres Efforts et de Polaroïd et Pornographie et donc ils restent également dans ma mémoire. Mais je suis un gros fan d’Epithète, Dominion, Epitaphe !

Venons-en à la réédition de Sombres Efforts. Pourquoi ce choix de fêter les quinze ans de Sombres Efforts ?

Euh… Parce que c’est les quinze ans ! (rires) Cela faisait un petit moment qu’AqME n’était pas sur le devant de la salle, notamment de mon côté je me concentrai sur Le Bal des Enragés et The Butcher’s Rodeo. Et donc nous voulions revenir en douceur, reprendre doucement le contact avec notre public. Bon après, je te concède que quinze ans c’est bizarre, fêter les vingt-ans c’est top mais les quinze, c’est bizarre… Tout cela nous a permis de dire aux gens que nous sommes toujours là et que nous voulions leur faire plaisir en jouant des titres qu’ils connaissent et qu’ils aiment.

Justement, comme les gens aiment ces titres, tu n’as jamais eu l’envie de réenregistrer Sombres Efforts en remplaçant les parties de Thomas par les tiennes ?

Absolument pas ! Dans AqME nous sommes assez partisans de la magie. En ce sens, on se dit qu’un album qui a été fait à une époque et qui est comme Sombres Efforts il ne faut pas forcer le trait. Ca aurait été vraiment n’importe quoi de faire ça, ambitieux, prétentieux… L’effort d’AqME à l’époque était juste monumental ! Cet album est un tour de magie extraordinaire. On m’aurait proposé de le réenregistrer, j’aurai dis non. Clairement ! D’ailleurs, nous n’en avons pas parlé du tout, c’est pour te dire. Sombres Efforts reste comme cela est c’est très bien ! Déjà les faire sur scène est un gros plaisir, même si cela n’a pas été évident pour moi au début. En définitive, je prends un pied énorme et musicalement parlant c’est LE son. C’est dur de chanter Sombres Efforts, il y a une vraie fragilité dans ces morceaux, fragilité qui est difficile à retranscrire.

D’ailleurs, ce n’était pas trop dur de tout apprendre pour cette tournée anniversaire, notamment cette fragilité ?

Tout apprendre non, tout interpréter oui ! Apprendre des paroles, des mélodies c’est facile. Pour la blague, j’ai fais ça pendant un an et demi avec Le Bal des Enragés où j’ai fais des reprises… (rires)
Mais pour passer le cap de la reprise de Sombres Efforts, il a fallu beaucoup de répètes, de boulots etc. Maintenant je prends un réel plaisir à les faire !

Quoi qu’il en soit, cette tournée anniversaire, s’est bien passée ?

Et bien franchement, c’est une bonne réussite ! Il y a énormément de monde, de répondant et de partage. C’était un bonheur absolu ! Nous faisions cette tournée ensemble : le public et le groupe, c’est ce qui fait que cela a marché. Après, très honnêtement, je trouve que nous n’avons pas fait assez de dates, mais je trouve que nous avons fait de très bonnes dates ! Les deux dates d’adieux de Eths c’était monumental, nous avons eu de bonnes surprises comme à Reims ou quand nous sommes venus jouer par chez toi, à Loos. C’est beaucoup de partage et beaucoup de bonheur !

Es-tu toujours aussi stressé qu’avant au moment de monter sur scène ?

Toujours ! Je suis toujours aussi vide avant de monter sur scène…. (rires) Mais je me dois de bien faire pour le public, c’est cette pression là que je me mets. Si je le fais mal et que je me prends pour je ne sais pas qui, les gens vont se demander où ils sont tombés. La mentalité d’AqME c’est de faire passer quelque chose pour que les gens aillent au bout de ce qu’ils sont venus chercher. Je me sens véritablement libéré à la fin du set. Je ne suis pas tellement stressé quand on joue, mais je suis tendu. A la fin du dernier morceau, dans ma tête ça fait « c’est le dernier, mortel ! On a fait un putain de concert ! ». Ce qui compte le plus pour moi est que l’on fasse un super concert pour faire passer un super moment aux gens. C’est le plus important ! Que les gens kiffent c’est tout ce qui compte !

La dernière fois que vous êtes passé par chez nous, c’était au Loos Yourself Festival. Quels souvenirs en gardes-tu ?

C’était convivial ! Il y avait du monde. D’ailleurs, j’ai beaucoup d’amis dans le Nord car j’y vais souvent, notamment les potes de Noise Emission Control ! Discuter, papauter, boire des bières, échanger avec les gens, c’est le plus enrichissant lors des tournées.

Pour clôturer nos petits échanges, je te laisse le dernier mot. Mais attention, tu n’as le droit qu’à un mot…

« Partage » ! « Partage », c’est beau, c’est authentique et c’est AqME !

Et bien disons que j’ai partagé un très bon moment avec Vincent et qu’AqME n’a certainement pas fini de partager d’excellents souvenirs avec son public, que celui-ci lui soit acquis depuis désormais quinze ans ou qu’il soit nouveau venu. AqME c’est donc ça, de la musique, des potes, du partage mais surtout une énergie folle qui ne demande qu’à se transmettre d’oreille à oreille. Bref, de Sombres Efforts à AqME, AqME reste AqME et surtout AqME est loin d’être fatigué. À la prochaine, sur les routes nordistes !

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