BLUES PILLS au Splendid

BLUES PILLS / POWDER FOR PIGEONS

Splendid à Lille le 09 juin 2017

par Vincent DEMARET

Le voyage dans le temps est possible. Je peux maintenant l’affirmer, l’écrire et le démontrer – deux publications dans Nature et Télé Z sont en cours d’impression – c’est vous dire si ce que je raconte est solide : j’ai fait mon Marty Mcfly du 59 en allant à la dernière soirée en date de “La Vague” – soirées faisant suite à la fermeture de la Péniche.

Le public présent a non seulement pu se balader tranquillement dans le temps, mais en plus a pu le faire en faisant un arrêt pipi – pause clope – tiens si je me chopais un bon sodebo sur l’aire d’autoroute.  Je m’explique : nous sommes partis de l’an 2017 pour faire un saut en plein dans les années 90 avec ce chouette duo d’ouverture POWDER FOR PIGEONS. Au jugé, comme ça, on devait être en 1993 ou 1994, Georges Bush père était dans la place, Balladur y croyait encore et ne savait pas que d’ici peu il “demanderait de vous arrêter!”.

Les POWDER FOR PIGEONS, avec un australien à la guitare/chant et une batteuse allemande, nous balancent leur rock bien gras et velu avec une fougue et une énergie dignes d’un mec de 25 piges qui remonte à l’appart accompagné de Yasmine Bleeth (rappel: nous sommes en plein dans les nineties). Le groupe a un art du riff qu’est une espèce de tambouille où on aurait mis du Nirvana, du Helmet, du Smashing Pumpkins, du Kyuss et un zeste de Melvins. Le duo s’éclate sur scène. J’avais jeté une oreille sur l’album du groupe Circus Kinda Times et attendais de voir ce que des morceaux comme “Down In Flames” ou “Ghost Of You” donnaient en live. Je ne fus pas déçu. La salle, un peu froide dans ce contexte “découverte de la première partie”, se réchauffe avec l’avancement du set et finit par reconnaître le talent des deux loustics. En résumé, la poudre à pigeons n’est pas de la poudre aux yeux.

Le temps de s’acheter une bière, de constater que “Friends”, finalement, c’était un peu de la merde quand même, et on repart dans le temps. Cette fois-ci, arrivée au temps des pattes d’eph, des tapisseries à fleurs oranges qui font vomir et des films où Nicholson est juste génial : les fucking années 70.

Les BLUES PILLS arrivent sur scène et mettent tout le monde d’accord: ce groupe est exaspérant tellement il est bon. La chanteuse Elin Larsson est de suite en voix, et le groupe attaque avec un “Lady In Gold” issu de leur dernière galette. Le claviériste a quelques problèmes avec son ampli qui émet des bourdonnements étranges, mais c’est ça aussi de vouloir jouer sur le matos de papi.

Les titres s’enchaînent, dont les remuants “Black Smoke” et “High Class Woman”. La chanteuse est inarrêtable, constamment en mouvement, ce qui contrebalance le relatif calme des musiciens – à l’exception du batteur qui, en plus d’être brillant, s’agite pas mal derrière ses fûts. Pour revenir à la (jolie) chanteuse suédoise, quelle maîtrise…du très très haut niveau. La musique du groupe navigue entre rock psyché limite hard, blues et touches de soul. Ils n’ont rien inventé diront certains. Ouaih, c’est vrai, rien de nouveau en termes de style, mais on ne peut nier le fait que les compos soient fines, riches et excellemment interprétées.

Le guitariste soliste, jeune frenchy du groupe, est imperturbable et royal dans son jeu. D’autres perles sont exécutées comme “Ain’t No Change” ou “Gone So Long”. Le groupe nous gratifie d’une superbe reprise de “Somebody To Love” des Jefferson Airplane, et termine son concert par un “Devil Man” accompagné de dizaines de cornes dans la salle… vous ne le saviez pas, mais en fait le diable est un putain de hippie! Ah! Ça vous la coupe ça hein!

Pour résumer, BLUES PILLS est une belle bête de scène. A voir l’âge du public, on oscille entre 25 et 70 balais. Les plus anciens présents ont bien raison : plutôt que de payer (trop) cher pour voir des groupes de septuagénaires pas toujours en forme jouer leurs tubes préférés, ils viennent voir de jeunes musiciens ultra talentueux faisant réellement honneur au style et à leurs aînés.

On revient en 2017 en sortant du Splendid. Aaaaaahh qu’est-ce qu’on se sent mieux: je vais pouvoir mettre une photo de mon kebab sur facebook et réagir sur twitter pour dire que les éthiopiens ont bien de la chance de bouffer sans gluten toute l’année.

A vous Cognacq-Jay!

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *