BEN HARPER au Zénith de Lille par Sylvain Stricanne

ben harper au zenith de lille

BEN HARPER par Sylvain Stricanne

A Lille [59] Zénith, Jeudi 20 Octobre 2016

Par Sylvain Stricanne (texte et photos au 50mm à 10 mètres), avec l’aide de Frédéric Bertrand pour les photos finales.

Relevant la tête et tirant mon bras gauche de la poche kangourou de mon sweat-shirt capuche, j’observe ma montre. Il est déjà 23h34. Une forme de torpeur se dégage de chaque personne qui m’entoure. Beaucoup de couples encore enlacés, de groupes d’amis les yeux émerveillés, des personnes seules qui partagent avec d’autres comme s’ils se connaissaient depuis toujours, des fans aux anges. C’est en quelques sorte ce qu’il se dégage dans l’immédiat de ce concert que nous ont proposé Ben Harper and The Innocents Criminals pour ce Call Is What It Is Tour au Zénith de Lille.

Pourtant ils ne sont pas si innocents que cela nos Californiens. Coupables de compositions qui mettent en émoi, en transe tout un chacun qui sait reconnaître en Ben Harper ses talents de compositeurs, son authenticité et son désir de partage. D’abord avec le public qu’il ne cesse de remercier, cela en devient même louche, mais on sait Ben Harper vrai et droit dans ses propos, puis il partage avec ses musiciens. Il est le leader désigné par les fans et médias, mais il le sait qu’il ne serait rien sans eux. Leon Mobley aux percussions est comme à son habitude souriant certainement comme à son premier show qu’il fît avec Harper au début des années 90. Il a l’expérience de divers musiciens et styles partant de son pays d’origine, le Nigeria, en passant par des légendes comme Quincy Jones, Damian Marley, Piers Faccini…Puis il y a Juan Nelson présent aussi depuis le début. Il transcende sa basse 5 cordes. S’offrant même un duel typique des meilleurs jazzmen avec Ben pendant un bon quart d’heure pas le genre dueling banjo du film Delivrance mais un pur duel groovy. La partie rythmique ne s’arrête pas à eux. Il ne faut pas oublier aussi Oliver Charles à la batterie qui trouve toute sa place avec une subtilité toute nécessaire pour se placer entre ces 2 pointures. Enfin Jason Yates aux claviers a su comme à son habitude s’adapter à la variété des compositions en apportant la douceur de son orgue Hammond à chaque instant. Il ne faut pas oublier le nouveau guitariste qui remplace Michael Ward, stressé à priori et en galère technique permanente qui accompagne en partie de sa Fender un Ben Harper qui jongle avec une gibson, 2 lapsteels, une acoustique et anecdotiquement des maracas africaines.

C’est plus de 2h30 de show, passées comme un claquement de doigts. Le ton est donné avec comme premier titre « Oppression » , défilent une recomposition de « Fight For Your Mind », « Call It What It Is », le succulent : « Waiting On An Angel » ou « Diamonds on the Inside ». Bien d’autres encore mais tous passent à la moulinette de la réinterprétation. Ben Harper n’est pas du genre à copier coller ses albums en concert d’un point de vue musical mais aussi vocal. Sa voix est juste parfaite naturellement, pas besoin d’artifices pour que la magie fonctionne.

Enchanté par le public, il a offert 2 rappels dont le dernier se termine seul à la guitare acoustique. Laissant le public reprendre les paroles avec lui, il veut mettre à l’honneur ceux qui se sont déplacés ici ce soir à Lille. Il quitte non sens une pointe d’émotion la scène en faisant des sauts d’enceintes en enceintes comme pour ne rater personne et dire au-revoir à tout le monde. A bientôt Monsieur Harper.

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