ANNE CONTI à Avion

ANNE CONTI «Tout reste à faire» Cie In Extremis

VENDREDI 10 MARS A Avion [62] Espace Culturel Jean Ferrat – Salle Aragon

Par aSk

« Du courage, du courage, du courage ! » chantait la Grande Sophie. Ici c’est Anne Conti qui s’y colle avec cette nouvelle création vivifiante qu’elle écrit de sa plume habile et volubile (inspirée de l’essai de Cynthia Fleury, La Fin du courage). Cela donne un objet scénique hybride, comme à son habitude ; quelque part entre théâtre, concert et performance, toujours à la lisière d’un autre médium mais la voix jamais loin.

Un champ/contre-champ épique pour nous conter le burn-out de Marie-Claire, une salariée bien réelle, pas un fantasme de magazine. Le choix d’incarner un personnage pour interpréter ces chansons -point de départ du projet, mis en scène par Patricia Pekmezian-, créées avec Vincent Le Noan, son acolyte-musicien de longue date. Dialogue avec batterie et sonorités électro pour appuyer la résonance à la fois ultra contemporaine et tristement atemporelle du propos. Vers une impartialité martiale. A grand renfort de motifs rythmiques entêtants, expulser les litanies et psalmodier pour ne pas médire ; s’empêcher de maudire bêtement. En découdre avec l’idée du découragement, traité tantôt en mode grotesque (le clown jamais loin, la thématique du chantier en guise de scénographie facilitant la t(â)che), tantôt en mode onirique (les visuels évocateurs de Cléo Sarrazin). Retrouver le fil de sa vie, la petite mélodie. Et si le corps se grime, patauge, se cache, peine à cracher ses mots, en apnée, ploie, se replie sur lui-même et se plie (aux injonctions), au final il pliera bagage et se déploiera lorsqu’il se désengagera de l’emploi. Respiration nécessaire pour enfin se permettre de voler vers une danse salvatrice, et renaître, à soi. Rendre les coups, retrouver la rage. Toujours ces mêmes histoires de femmes-flammes à tisser, au fond. Pas pour rien que la Cie s’appelle In Extremis.
Profondément attachée au travail de plateau dans toute sa majestueuse fragilité, la comédienne se plaît aussi à fixer la partition de certaines créations : Infiniment là sous forme de CD-livre, et aussi Stabat mater furiosa. Si Anne Conti s’est penchée sur l’oeuvre de Marina Tsvetaeva, une autre dame sonore sans étiquette -Watine en l’occurrence- s’était attaquée il y a quelques années aux pages d’une autre grande poétesse, Emily Dickinson. Une fougue toute en retenue, mais qui n’est pas sans créer le parallèle. Bref, à quand Anne Conti dans le réseau des SMAC ? Quelque part entre slam, spoken word et une Catherine Ringer version minimaliste, débarrassée de l’attirail encombrant de la chanteuse. Quoi de plus beau en effet que le quotidien magnifié, la parole assumée et le rire complice des façades taguées façon Miss Tic. « Un peu plus spray des étoiles », assurément.

Et d’autres dates à suivre sur le site de la Cie >> http://www.in-extremis.eu

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