AMENRA

AMENRA

Par Vincent DEMARET

Aéronef (21/02/2018) – Photo : PIDZ

C’est en mode « curieux » que je viens ce soir à l’Aéronef pour assister au concert d’AMENRA. Le groupe vient de sortir son nouvel album Mass VI et sillonne les routes européennes dans le cadre de sa tournée. Pour être complètement honnête, je suis bien peu connoisseur du groupe. J’en connais quelques morceaux écoutés de-ci, de-là, le collectif « Church of Ra », mais surtout l’excellent side-project black metal du bassiste d’AMENRA : WIEGEDOOD.

Ce soir, donc, l’Aéro est sacrément bien rempli et attend les flamingants de pied ferme. L’arrivée du groupe sur scène, très cérémonieuse, se fait sur une intro lancinante et au son d’une percussion métallique dont je ne connais point le nom. On sent les musiciens concentrés, et Colin H. Van Eeckhout apparaît de dos, caché sous son sweat à capuche.

Je ne vais pas détailler les morceaux joués car, comme je le disais, je suis une tanche en AMENRA. Je me contenterai de relater mon ressenti : j’ai pris une trempe de noirceur, de désespoir et de rage. Le groupe dégage quelque chose de fort. Tout le concert est accompagné d’une projection d’images et de films dans les tons noir, gris ou blanc. De la couleur ? Pour quoi faire ? C’est pas le carnaval de Dunkerque ici. Cette projection colle parfaitement à l’univers musical du groupe. La politique du groupe sur scène : pas de communication avec le public, un frontman qui nous fait ponctuellement face, majoritairement de dos, limite autistique (« Charlie Babbitt mon pote à moi »), hurlant ou murmurant, des musiciens en transe, dans leur trip musical. Le groupe est fermé. De prime abord, on pourrait trouver cela dérangeant, mais j’y trouve une cohérence totale et une adéquation parfaite Musique / Image / Attitude. Le son d’AMENRA ce soir est à la fois propre et sale. C’est un magma sonore d’où se dégagent des mélodies finement amenées, par petites touches, ou par lentes montées en puissance. AMENRA exsude le sombre, la négativité, la puissance, le tout avec une certaine fragilité. Les saisons influent fortement sur mes choix d’écoute, et ce soir, en ce qui me concerne, c’est le moment de l’année parfait pour assister à la performance des belges. De la musique d’hiver. S’il fallait trouver une critique à faire, ce serait peut-être à propos de la structure générale des morceaux, assez redondante à mes yeux. Il serait aussi possible d’y voir un parti pris assumé.

La curiosité serait, selon une certaine morale, un vilain défaut. Non, mais quelle connerie ! La curiosité peut nous éviter de sombrer dans la crasse intellectuelle. D’ailleurs, en sortant de ce concert, je me sens plus propre. AMENRA ou « Le Petit Marseillais » : même combat.

A vous Cognacq-Jay !

https://www.youtube.com/watch?v=uZrFKD0553g

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